Hauts-de-Seine : 15 millions d’euros pour soulager les petites entreprises et les artisans

L’enveloppe financière pour aider les artisans et petites entreprises affaiblis par la crise sanitaire a vu son montant réévalué. Et il pourrait l’être davantage si besoin s’engage le département.

 Rueil-Malmaison. Isabelle Souppe, joaillière, a bénéficié de l’aide financière du conseil départemental via la CMA92.
Rueil-Malmaison. Isabelle Souppe, joaillière, a bénéficié de l’aide financière du conseil départemental via la CMA92. DR

En trois mois et demi, la chambre de commerce (CCI92) et celle des métiers de l'artisanat (CMA92) des Hauts-de-Seine ont enregistré près de 1300 dossiers de demande d'aide financière émanant de commerçants et d'artisans frappés par les conséquences économiques de la crise du Covid-19.

Soit un montant de 6,5 millions d'euros (M€) déjà versés, ou qui le seront dans les prochaines semaines, grâce à ce dispositif mis en place par le conseil départemental en soutien à ces petites entreprises, privées de chiffre d'affaires pendant le confinement.

Parmi celles-ci — 93 % des demandes proviennent de sociétés de moins de 10 salariés — celle de Jean-Pierre Trousset. Cet artisan fleuriste spécialisé dans les compositions végétales séchées est installé à Clichy, boulevard Jean-Jaurès. « J'ai perdu 50 % de mon chiffre d'affaires pendant trois mois alors cette aide c'est une véritable bulle d'oxygène », explique cet ancien chef de projet informatique qui a ouvert sa boutique Escapade Végétale, il y a presque trois ans.

Jean-Pierre Trousset, artisan fleuriste à Clichy. LP./A.-S.D.
Jean-Pierre Trousset, artisan fleuriste à Clichy. LP./A.-S.D.  

S'il n'a pas encore reçu l'aide promise, l'artisan sait qu'il va bénéficier d'un chèque de 2109 euros exactement. De quoi lui permettre de se relancer, en croisant les doigts pour que l'Ile-de-France ne soit pas reconfinée avant les fêtes de fin d'année, période sur laquelle Jean-Pierre Trousset mise beaucoup. « Il faut absolument aller de l'avant et savoir s'adapter en envisageant toutes les options, souligne-t-il. Mais l'épée de Damoclès est très lourde ».

Une aide plafonnée à 6 000 euros

Aller de l'avant, c'est aussi le leitmotiv d'Isabelle Souppe, joaillière installée à Rueil-Malmaison depuis cinq ans et qui a, elle, décidé en plein confinement de se lancer un nouveau défi en déménageant d'une petite boutique vers un espace deux fois plus grand situé en plein centre-ville. « C'est un peu de la folie mais je ne pouvais pas laisser passer cette opportunité », explique celle qui a donc repris les locaux d'une ancienne agence bancaire pour installer son atelier-boutique. L'ouverture est prévue dans une dizaine de jours.

L'aide du département, qui s'élève à 6 000 euros, soit le plafond alloué par le dispositif est donc la bienvenue. « C'est la CMA 92 qui est venue vers moi pour me parler de cette aide, explique Isabelle Souppe qui a pourtant perdu 25 000 € de chiffre d'affaire pendant le confinement. Je ne pensais pas être éligible, que ce n'était pas pour moi ».

Dispositif unique en Ile-de-France

La créatrice de bijoux a décidé de consacrer cette somme à l'achat d'une machine laser permettant de souder avec une extrême précision. « Il était très important pour moi de mettre cela dans quelque chose de positif et qui s'inscrit dans un projet d'avenir », souligne-t-elle.

Ils sont encore nombreux à penser comme elle, que le dispositif ne les concerne pas. « Il y a souvent le côté Je n'ai jamais droit à rien et les artisans ont une certaine pudeur à reconnaître qu'ils sont en difficulté », explique Daniel Goupillat, président de la Chambre des métiers de l'artisanat (CMA) du département, qui compte quelque 25 000 artisans.

Si besoin, le fonds pourrait être encore abondé

« Ce dispositif unique en Ile-de-France a une dimension sociale forte », ajoute-t-il alors que la semaine dernière, les élus du département ont voté en commission permanente une augmentation de l'enveloppe destinée à cette aide exceptionnelle : soit 15 M€ au lieu des 10M€ annoncés avant l'été.

Un montant réparti pour moitié entre la Chambre du commerce et de l'industrie des Hauts-de-Seine et la CMA92. « Je l'avais annoncé dès le mois de juin : si nous avons plus de dossiers que prévu, nous réabonderons le fonds », explique Georges Siffredi, le président (LR) du conseil départemental. « Cela montre bien la nécessité d'aider et d'accompagner les petites entreprises pour les remettre à flot », poursuit-il. Avec une seule crainte : de nouvelles mesures de fermeture.

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