Guillaume T., l’étudiant qui a accusé de viol l’élu parisien Maxime Cochard, retrouvé mort à Nanterre

Le corps inanimé du jeune homme de 20 ans a été découvert ce mardi après-midi dans sa chambre d’étudiant sur le campus de l’université Paris-Nanterre. Il s’agit d’un suicide, selon les premières constatations.

 Le jeune homme a été retrouvé sans vie dans sa chambre d’étudiant sur le campus de l’université Paris-Nanterre.
Le jeune homme a été retrouvé sans vie dans sa chambre d’étudiant sur le campus de l’université Paris-Nanterre. LP/D.L.

Vive émotion sur le campus de l'université Paris-Nanterre. Ce mardi après-midi, le corps sans vie de Guillaume T., un étudiant de 20 ans, a été découvert dans sa chambre universitaire.

Selon les premières constatations, le jeune homme, qui redoublait sa première année de licence d'administration économique et sociale (AES), s'est pendu dans sa chambre d'étudiant. L'enquête ouverte ne dit pas encore si le jeune homme a laissé un courrier pour expliquer son geste.

« Tout le monde est sous le choc ici, souffle-t-on dans l'entourage du président de l'université. Mais on ignore encore ce qui a poussé cet étudiant à mettre fin à ses jours. »

Il n'avait pas sollicité les psys de la fac

L'étudiant, décrit comme un sympathisant de l'Unef, n'avait, selon nos informations, pas manifesté de mal-être auprès des psychologues mis à disposition par l'administration de l'université. Il apparaissait toutefois isolé, sa famille ne résidant pas en région parisienne.

Cet étudiant n'est toutefois pas un parfait inconnu. Car il s'agit du jeune homme qui, il y a trois semaines, avait accusé l'élu parisien (PCF) Maxime Cochard de viol. Aucun lien n'est pour l'instant établi entre ces accusations et le geste funeste accompli par l'étudiant.

Le 21 janvier dernier, Guillaume T., alias Prunille sur le réseau social Twitter, postait un message accusatoire à l'encontre de Maxime Cochard. « Après plus de deux ans, sans savoir mettre les mots sur ce qui m'est arrivé, je me rends compte que j'ai été violé par Maxime Cochard, conseiller de Paris et son compagnon […] en octobre 2018 alors que je n'avais que 18 ans et étais particulièrement vulnérable ».

Un message qui avait fait l'effet d'une bombe dans le microcosme de la mairie de Paris. Suite à ces accusations, le PCF de la capitale avait notamment « demandé à Maxime Cochard de se mettre en retrait du Conseil de Paris ».

Maxime Cochard nie catégoriquement les accusations de viol

De son côté, l'élu parisien a toujours nié les faits allégués par l'étudiant. « Compte tenu de la gravité de tels propos et de leur caractère calomnieux, j'ai donné instruction à mon avocat d'engager immédiatement une action judiciaire en diffamation », réagissait-il à chaud.

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Si Maxime Cochard reconnaît des rapports sexuels avec Guillaume T., « c'était un acte consenti, entre adultes. Il n'y a eu ni violences, ni menaces, ni contraintes ni surprise », insistait, le 23 janvier dernier, son avocate Fanny Colin. Celle-ci était injoignable ce mardi soir. Contacté, Maxime Cochard n'a pas répondu à nos sollicitations.

Guillaume T. nous avait confié sa «vulnérabilité»

Lorsqu'il nous avait parlé il y a trois semaines, Guillaume T. se confiait sur le contexte des faits qu'il dénonçait et insistait sur sa « vulnérabilité ». « Mes parents sont partis lorsque j'étais en terminale. Je vivais seul avec ma grande sœur à Metz avec qui j'avais une relation conflictuelle », retraçait l'étudiant.

De la période parisienne où il rencontrait Maxime Cochard et son compagnon avant de débuter une relation à trois, Guillaume T. disait : « J'étais étudiant. J'étais très seul. Je découvrais mon homosexualité. J'étais en quête de moi-même. Je n'avais pas d'argent. Je dormais chez eux. Il y avait une forme d'emprise. Ils avaient un ascendant moral sur moi. C'étaient des gens importants pour moi. J'étais dans une position de vulnérabilité. »