Gennevilliers pleure son ancien maire, Jacques Brunhes, mort à 86 ans

L’ancien élu communiste s’est éteint ce mercredi à l’âge de 86 ans. L’émotion est unanime dans une ville où il a laissé une profonde empreinte.

 Jacques Brunhes (au centre) a été député PCF pendant dix-huit ans et maire de Gennevilliers de 1987 à 2001.
Jacques Brunhes (au centre) a été député PCF pendant dix-huit ans et maire de Gennevilliers de 1987 à 2001.  LP/Guy Gios

Une vague d'émotion s'est abattue sur Gennevilliers. La nouvelle est tombée en fin de matinée : Jacques Brunhes, maire de la ville de 1987 à 2001, est décédé des suites d'un accident vasculaire cérébral ce mercredi matin.

Jacques Brunhes a été député pendant 18 ans, de 1978 à 1986 puis de 1988 à 1993 et enfin de 2002 à 2007, date à laquelle il avait annoncé sa retraite politique. Il a aussi été conseiller régional de 1978 à 1985 avant de s'installer au conseil général de 1985 à 1988 comme conseiller général du canton de Gennevilliers nord. Il a également connu les honneurs du gouvernement en occupant pendant six mois et treize jours le poste de secrétaire d'Etat au tourisme en 2001 et 2002, pendant les derniers mois de la cohabitation Chirac-Jospin.

L'histoire de Jacques Brunhes avec la boucle nord remonte à 1962 quand celui qui était jeune professeur de lettres et d'histoire fut nommé dans un collège de Villeneuve-la-Garenne. Il ne quittera plus le secteur jusqu'à sa mort.

Il a façonné Gennevilliers

C'est Patrice Leclerc, le maire PCF de Gennevilliers, qui a annoncé son décès en milieu de journée. « C'est avec une profonde tristesse que j'ai appris le décès, ce matin, de mon ami et camarade Jacques Brunhes. Député, Maire de Gennevilliers, il fut un acteur majeur du développement de notre ville. Mes pensées vont à Malika, son épouse, à sa famille et ses ami-es », commente-il sur les réseaux sociaux.

Patrice Leclerc avait un lien particulier avec Jacques Brunhes. « J'habitais Rueil et c'est lui qui m'a fait venir à Gennevilliers pour être son attaché parlementaire. Il m'a appris à écrire des discours, m'a appris l'exigence, la rigueur des mots et de l'esprit », se souvient l'actuel maire.

Et c'est en partie à son mentor que les Gennevillois doivent la ville telle qu'elle est aujourd'hui. Jacques Brunhes a façonné Gennevilliers. « Il s'est battu pour le droit au beau pour les habitants des villes populaires », ajoute Patrice Leclerc. La rénovation du Luth a été lancée dans les années 1990 lors du premier mandat de l'élu disparu. Il a également initié la zone économique des Barbanniers et lutté, dixit Patrice Leclerc, « contre la spéculation sur l'ancien site Chausson », transformé depuis en écoquartier.

La rénovation du quartier du Luth a été lancée sous l’ère Brunhes. LP/O.B.
La rénovation du quartier du Luth a été lancée sous l’ère Brunhes. LP/O.B.  

Particulièrement ému, Patrice Leclerc parvient péniblement à mettre des mots sur sa relation avec son aîné : « Oui, au fil des années, il était devenu un ami ». A Gennevilliers, des habitués de la politique municipale voient même dans le maire actuel « le fils spirituel » de Jacques Brunhes. Pour Marie-Hélène Amiable, la maire communiste de Bagneux, Jacques Brunhes était « une grande personnalité des Hauts-de-Seine, quelqu'un qui comptait beaucoup dans le département et dans sa ville ».

«Nous n'étions pas du même côté de l'échiquier mais il y avait beaucoup de respect entre nous»

L'émotion n'a pas épargné ses adversaires locaux. A Gennevilliers, le PCF trouve sur son chemin depuis une quarantaine d'années les représentants de la droite, Jacqueline Marichez-Cléro et son époux. « J'ai très très bien connu Jacques Brunhes soupire la conseillère municipale d'opposition, encore sous le choc. Nous n'étions pas du même côté de l'échiquier mais il y avait beaucoup de respect et de sympathie entre nous. Aujourd'hui, nous venons de perdre un homme bien. C'est brutal… »

Même s'il n'était plus maire depuis près de vingt ans, Jacques Brunhes n'avait pas disparu de la circulation. Systématiquement présent aux cérémonies de vœux, il continuait à participer, tout comme Jacques Bourgoin, son successeur de 2001 à 2014, à la vie locale. En février 2019, les trois maires et ex-maires s'étaient retrouvés sur la scène du théâtre de Gennevilliers pour un débat public.

Un hommage public la semaine prochaine

Sur les réseaux sociaux, des dizaines de messages et de commentaires ont également salué sa mémoire. « Merde! Un Grand qui disparaît! qu'est-ce qu'il s'est battu pour la Ville et bien avant qu'il soit devenu maire. Beau guerrier! », écrit ainsi Bernard Cavanna, l'ancien directeur du conservatoire sur Facebook. En fin d'après-midi, plus de 130 hommages et messages de condoléances d'habitants de la commune répondaient, sur Facebook et Twitter, à l'annonce de Patrice Leclerc.

Le conseil municipal devait observer une minute de silence en mémoire de Jacques Brunhes ce mercredi soir. Un hommage public lui sera rendu la semaine prochaine lors de ses obsèques.