Fermeture des bars à Paris : «Ce ne sera pas trop compliqué de s’adapter», estiment les turfistes

Malgré l’annonce de la fermeture des bars à Paris et dans la petite couronne, les turfistes ne sont guère inquiets pour enregistrer leurs futurs paris.

 Paris IIIe, le 6 juin. Un bar Tabac PMU lors d’une opération commerciale intitulée « Un Pari en terrasse »
Paris IIIe, le 6 juin. Un bar Tabac PMU lors d’une opération commerciale intitulée « Un Pari en terrasse » Scoopdyga/Didier Dyga.

Placés depuis dimanche en alerte maximale en raison du Covid-19, Paris et la petite couronne (Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne) font face à de nouvelles restrictions, lesquelles ont été annoncées ce lundi par le préfet de police de Paris, Didier Lallement. Parmi elles, figure notamment la fermeture de bars, ce qui pourrait avoir comme conséquence d'impacter, une nouvelle fois, le chiffre d'affaires du PMU, comme lors de la suspension de toutes les réunions hippiques le 17 mars dernier jusqu'au 11 mai.

Face à ce désagrément, les turfistes ne semblent pourtant pas chagrinés comme l'explique, Françoise (72 ans) : « J'ai pour habitude de jouer au dernier moment afin de peaufiner mes jeux en fonction de plusieurs paramètres comme les baisses de cotes, les canters avant la course sans oublier les déclarations des socioprofessionnels. Par conséquent, j'engage mes paris directement sur les hippodromes parisiens, ce qui me permet de joindre l'utile à l'agréable. Pour les réunions provinciales, je délaisse mon arrondissement du XIe arrondissement étant donné que le patron du PMU près de chez moi ne porte pas de masque et me rend en bus dans un point de vente du XXe arrondissement. Comme celui-ci possède une licence lui permettant de vendre du tabac, je suis certaine de pouvoir continuer à engager mes paris dans les jours à venir ».

Un terminal de paris à proximité de la vente de tabac

Un avis partagé par Pierre (54 ans), livreur en région parisienne : « Je ne suis pas un assidu du sport hippique, mais j'apprécie de jouer de temps en temps un quinté avec mes amis à l'heure de l'apéro. J'ai mes habitudes au PMU Le Flash, situé dans le XVIIIe arrondissement. Je ne sais pas si les deux bornes installées à l'intérieur de l'établissement resteront en fonction, mais comme il est doté d'un terminal de paris à proximité de sa vente de tabac, je sais que je pourrais continuer à enregistrer mes paris sans inquiétude. Lors de mes déplacements professionnels, je m'efforcerais de trouver un bar tabac afin d'avoir la certitude de pouvoir continuer à miser mes 2 à 4 euros quotidiens ».

«Je vais être contraint de jouer sur Internet»

Turfiste depuis près de trente ans, Ali (37 ans) a pour habitude de se rendre régulièrement dans son point de vente attitré à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Conscient qu'il ne pourra plus engager de paris tout au long de l'après-midi, il ne se montre pour autant, guère fataliste : « Les discussions d'avant-course avec mes amis vont probablement me manquer. Pour assouvir ma passion, je vais probablement être contraint de parier sur Internet. C'est facile et rapide même si j'aime récupérer des espèces en cas de gains, ce qui ne sera plus le cas durant quelques jours. Mais, finalement, ce n'est pas la mer à boire ».

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