Enquête ouverte sur la thèse plagiée d’Arash Derambarsh

Après la sanction disciplinaire annulant la thèse de Droit de l’élu (DVD) de Courbevoie, la justice s’empare de l’affaire suite au signalement de l’université de La Sorbonne.

 Alors que sa thèse fait l’objet d’une enquête ouverte par le parquet de Paris, Arash Derambarsh a lui aussi déposé plainte pour harcèlement.
Alors que sa thèse fait l’objet d’une enquête ouverte par le parquet de Paris, Arash Derambarsh a lui aussi déposé plainte pour harcèlement. LP/Olivier Arandel

Nouveau chapitre dans l'affaire de la thèse controversée d'Arash Derambarsh. Saisi par l'université Paris-1, le parquet de Paris a ouvert une enquête confiée à la Brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP) au sujet de ce pavé de 500 pages intitulé « Fichier de police, un encadrement légal et sociétal dans un environnement controversé ». Une thèse déjà annulée pour plagiat, le 21 juillet, suite à une procédure engagée par la commission de discipline de l'université.

Après cette sanction disciplinaire, c'est donc la justice qui s'empare de ce dossier. Une suite attendue et somme toute logique. Dès cet été en effet, Thomas Clay, admi­nistrateur provisoire de la Sorbonne, avait annoncé son intention de saisir, dans le cadre de cette affaire, le procureur de Paris, Rémy Heitz. Puis il lui avait adressé un signalement.

Reste désormais à voir si les enquêteurs de la BRDP arriveront, ou pas, aux mêmes conclusions que la commission disciplinaire de La Sorbonne. Dans son rapport, l'instance avait considéré que la thèse incriminée était un « assemblage de textes publiés par d'autres auteurs que lui-même et recopiés selon un ou plusieurs des procédés plagiaires visant à faire croire au lecteur que M. Derambarsh en est l'auteur ». Si c'est le cas, l'hyperactif élu de Courbevoie, figure de la lutte contre le gaspillage alimentaire, risque des poursuites pénales pour « contrefaçon littéraire » ou « faux ».

Pas de plagiat selon son avocat

L'intéressé, lui, dit ne pas s'inquiéter de la tournure judiciaire prise par cette affaire, évoquant depuis le départ un « simple problème de méthodologie ». « Alors qu'il préparait cette thèse, mon client a été lâché au dernier moment par son directeur, observe l'un de ses avocats, Me Francis Teitgen. Il a dû changer en catastrophe d'université et travailler dans l'urgence, alors oui, il existe des problèmes de méthode. Mais cette thèse n'est pas plagiée. »

L'avocat assure même que le criminaliste Alain Bauer, l'un des auteurs le plus souvent repris dans la thèse d'Arash Derambarsh, estime lui-même ne pas avoir été recopié dans cette thèse. « En clair, c'est une histoire de plagiat avec un plagieur mais pas de plagiés », résume Me Francis Teitgen.

Arash Derambarsh, qui s'est vu retirer son diplôme de Docteur en droit, a lui aussi saisi la justice dans le cadre de cette affaire. Le 2 septembre, l'élu de Courbevoie a déposé plainte contre X pour harcèlement d'une personne au moyen d'un service de communication en ligne. Une plainte qui vise le compte Twitter « Thèse et Synthèse » qui, au travers de plus de 1000 tweets, avait dénoncé le plagiat sur le réseau social, en début d'année. Arash Derambarsh a aussi fait appel de la décision annulant sa thèse.