Gennevilliers : deux gardes à vue après la fête clandestine qui a rassemblé 150 personnes

La soirée s’est tenue dans un entrepôt, le week-end dernier. Deux organisateurs présumés sont convoqués devant le tribunal correctionnel pour «mise en danger de la vie d’autrui».

AbonnésCet article est réservé aux abonnés.
 Gennevilliers. 150 personnes ont été verbalisées pour avoir participé à une fête clandestine organisée dans un entrepôt caché derrière ces palissades
Gennevilliers. 150 personnes ont été verbalisées pour avoir participé à une fête clandestine organisée dans un entrepôt caché derrière ces palissades LP/D.L.

Ils devront s'expliquer devant le tribunal correctionnel de Nanterre où ils seront jugés pour mise en danger de la vie d'autrui. Deux hommes ont été interpellés puis placés en garde à vue suite à une fête illégale qui s'est tenue, le week-end dernier, malgré le couvre-feu, dans un hangar désaffecté de la zone industrielle de Gennevilliers.

Interpellés dans la nuit de samedi à dimanche en même temps que les participants, les deux hommes sont soupçonnés d'être les organisateurs de cette fête clandestine interrompue par la police.

Selon les premiers éléments de l'enquête, c'est à leur initiative qu'environ 150 fêtards, pas vraiment refroidis par les températures glaciales et l'avancée du couvre-feu à 18 heures, auraient convergé vers un entrepôt de l'avenue Louis-Roche, au beau milieu de la zone industrielle des Grésillons, pour danser une partie de la nuit au son de la musique électro.

Un listing avec un millier de noms

Mais une partie de la nuit seulement. Car vers deux heures du matin, les effectifs de police ont débarqué au beau milieu de ce hangar pourtant abrité des regards par d'immenses palissades recouvertes de tags et de graffitis.

Après avoir coupé la musique et saisi le matériel, les fonctionnaires de police ont dégainé le carnet à souches. L'ensemble des participants a cette soirée clandestine a été verbalisé pour non-respect du couvre-feu et écopé d'une amende de 135 euros. Ils auraient d'ailleurs pu être bien plus nombreux puisqu'un listing avec environ un millier de noms a été retrouvé sur place.

LIRE AUSSI > Soirée clandestine à Asnières : 120 personnes verbalisées en pleine nuit

« Une fête à 150 personnes ici, dans ce vieil entrepôt ? s'étonne une habituée de la zone industrielle. On savait que l'endroit était régulièrement squatté mais on ignorait en revanche que des fêtes y étaient organisées… »

«C'est irresponsable d'organiser un truc pareil»

Même incrédulité sur le site de l'entreprise de nettoyage Derichebourg, situé à deux pas du hangar désaffecté où s'est tenue ladite soirée électro. « On n'a pas été invités », semble regretter un salarié avant d'ajouter : « Les bars et les boîtes de nuit sont fermés mais les jeunes ont, malgré tout besoin de s'amuser. Il faut bien qu'ils trouvent des endroits pour se défouler un peu, même en période de crise sanitaire… »

Newsletter L'essentiel du 92
Un tour de l'actualité des Hauts-de-Seine et de l'IDF
Toutes les newsletters

LIRE AUSSI > Neuilly-sur-Seine : une fête en plein confinement dégénère en rixe, un policier blessé

Tout le monde n'a pas la même mansuétude. « C'est irresponsable d'organiser un truc pareil, c'est vraiment des petits-bourgeois qui viennent s'amuser dans des quartiers populaires sans se soucier de rien », grince un proche du dossier en mairie de Gennevilliers. Qui fait référence à la ville de résidence d'un des deux présumés organisateurs interpellés : la chic Neuilly-sur-Seine.

Un réveillon festif à 73 convives à Nanterre

Il y a trois semaines, déjà, les forces de l'ordre avaient dû mettre fin à un autre rassemblement du même type, à Nanterre cette fois. Quatre hommes de 32, 34 et 36 ans avaient été interpellés dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier. Il leur est reproché d'avoir organisé, pour le réveillon de la Saint-Sylvestre, une soirée illégale dans des locaux associatifs, à deux pas de l'université. Le tout sans l'aval du bureau de l'association en question.

Plus de 73 fêtards avaient été, là aussi, verbalisés pour non-respect du confinement suite à l'intervention de la police, peu après 3 heures du matin. Les quatre organisateurs présumés - qui selon nos informations, se sont retrouvés débordés par l'afflux de convives - sont attendus le 21 septembre prochain devant le tribunal correctionnel de Nanterre. Ils seront jugés, eux aussi, pour mise en danger de la vie d'autrui.