Covid-19 : «Pas d’indulgence» pour les bars à chicha dans les Hauts-de-Seine

Christophe Gradel, commissaire de Gennevilliers, a dirigé, mercredi soir, un contrôle de police dans les bars à chicha d’Asnières. Une opération de communication pour faire respecter l’arrêté préfectoral, pris lundi, dans le cadre de la pandémie de Covid-19.

 Asnières-sur-Seine, ce mercredi soir. Depuis la fermeture des bars, mardi, les contrôles de police se multiplient à Paris et sa petite couronne notamment dans les bars à chicha.
Asnières-sur-Seine, ce mercredi soir. Depuis la fermeture des bars, mardi, les contrôles de police se multiplient à Paris et sa petite couronne notamment dans les bars à chicha. LP/A.R.

Penaud, l'employé ferme la grille de son bar à chicha, sous les yeux intrigués des passants. Ce mercredi soir, une opération de contrôle des bars était organisée par la police dans les rues d'Asnières-sur-Seine.

Le but? Vérifier que la décision, prise ce lundi, de fermer les bars à Paris et sa petite couronne, pour lutter contre la propagation du Covid-19, est « bien respectée par les gérants », explique Christophe Gradel, commissaire de Gennevilliers, chargé de l'opération de communication.

C'est dans la rue d'Argenteuil, près des Hauts-d'Asnières, que l'équipe est tombée sur ce bar à chicha. De loin, l'équipe aperçoit des lumières qui traversent la vitre. Une équipe de la BAC, habillée en civil, se rend sur place. « Ici, c'est très rapide, ils peuvent fermer vite s'ils savent qu'il y a la police dans les parages. La BAC part en précurseure », précise Christophe Gradel.

Le bar est bien ouvert, malgré l'interdiction qui court jusqu'au 16 octobre inclus. À l'intérieur, quatre clients fument tranquillement leur chicha autour d'une table. Début du contrôle, fouille des clients, questions aux employés. « Je ne m'attendais pas à ça, confie une cliente, interloquée. J'étais juste venue pour réviser, je venais souvent ici avant le confinement. Je n'ai pas du tout pensé que c'était concerné par la fermeture. Sinon, je ne serai pas venue. »

« Les bars respectent plutôt bien l'arrêté », selon la police

Car c'est là l'objet de cette opération de police : contrôler spécifiquement les bars à chicha interdits d'ouvrir, depuis lundi, au même titre que les bars classiques. Et dans cette zone à Asnières, « il y a une grosse concentration », explique Christophe Gradel. « S'ils ne font pas à manger, ils ne peuvent pas ouvrir », précise-t-il. Les restaurants, eux, ne sont pas concernés par la fermeture.

Or, ce soir-là, personne ne mange dans ce bar rue d'Argenteuil. Bilan : les clients sont contraints de quitter l'établissement, les employés, de fermer boutique et le gérant, absent au moment du contrôle, sera convoqué au commissariat.

Asnières-sur-Seine. Un employé est contraint de fermer son bar à chicha. LP/A.R.
Asnières-sur-Seine. Un employé est contraint de fermer son bar à chicha. LP/A.R.  

« Il risque jusqu'à 750 euros d'amende parce que c'est la première fois qu'il est contrôlé, indique Christophe Gradel. Il n'y a plus d'indulgence. Les règles sont connues depuis longtemps maintenant. »

Un peu plus tôt dans la soirée, les policiers étaient tombés sur un bar à chicha bien fermé, rue des Bourguignons. Dans un autre, seule la partie restauration était restée ouverte. « C'est le cinquième contrôle en un mois auquel on a droit, confie Nawfel, le cuisinier. On a vu débarquer la police nationale, la police municipale, la douane et l'hygiène. Ça fait beaucoup mais bon, ils font leur travail… »

Depuis l'arrêté pris lundi, les contrôles se multiplient encore. « On en fait tous les jours dans le secteur », précise Christophe Gradel. Pour l'instant, le bilan est « positif ». « Les bars respectent plutôt bien l'arrêté, observe le commissaire. Ce soir, c'était la première fois que l'on constatait une infraction. »