Covid-19 : les piscines des Hauts-de-Seine finalement ouvertes à tous

Ce lundi, les piscines du département n’étaient accessibles qu’aux scolaires. Un nouvel arrêté préfectoral permet désormais à tous les publics d’aller nager. Un revirement qui sème la confusion et agace.

 L’arrêté préfectoral dévoilé ce lundi élargit finalement l’accès des piscines à tous les publics.
L’arrêté préfectoral dévoilé ce lundi élargit finalement l’accès des piscines à tous les publics. LP/A. H.

Dans le doute, toutes les piscines des Hauts-de-Seine n'ont accueilli que les scolaires, ce lundi. Les collectivités locales qui les gèrent ont ainsi respecté à la lettre l'arrêté préfectoral paru vendredi soir et qui détaillait les nouvelles restrictions pour lutter contre la propagation du virus sur le territoire.

Ce même soir, la préfecture indiquait pourtant au Parisien que les bassins couverts resteraient ouverts à tous. Et c'est ce qu'elle a confirmé par un nouvel arrêté, ce lundi soir. Les bassins vont pouvoir rouvrir à tous les nageurs, dès ce mardi. Du moins pour les équipements, qui pourront rapidement mobiliser les effectifs nécessaires, comme à Courbevoie.

La fin d'un feuilleton aquatique commencé la semaine dernière, avec des rebondissements et quelques tasses. « Ça fait 48 heures que nous travaillons à la fermeture des piscines, je ne suis pas sûr que l'on soit prêt dès demain 7 heures ! » souffle exaspéré Albin Mathias, coordinateur des neuf piscines du territoire Vallée Sud Grand Paris.

Des insultes d'usagers

« Nous avons eu tellement d'ordres et de contre-ordres, depuis le début de cette crise… Nous avons des usagers en face. On avait annoncé la fermeture sur les réseaux sociaux, on s'est même fait insulter ! Je préfère qu'on rouvre mais on a quand même travaillé pour rien et changé tous les plannings sur quinze jours… »

Jeudi soir, le Premier ministre Jean Castex avait annoncé la fermeture des bassins couverts dans les zones classées « alerte renforcée », dont font partie les Hauts-de-Seine. Il précisait néanmoins que la décision finale serait prise par les préfets après concertation avec les maires. Vendredi soir, chaque département prenait donc un arrêté pour édicter les nouvelles règles, notamment sur la pratique sportive.

Covid-19 : les piscines des Hauts-de-Seine finalement ouvertes à tous

Avec un consensus : les gymnases et autres équipements sportifs couverts restent ouverts uniquement pour les mineurs. Mais une grande différence : la préfecture de Paris précisait dans son arrêté que « les terrains de sport en plein air restent ouverts dans les conditions habituelles, ainsi que les piscines ».

Un arrêté préfectoral précisé

Un détail important, qui ne figurait pas noir sur blanc dans l'arrêté préfectoral des Hauts-de-Seine de vendredi, celui-ci évoquant seulement les équipements sportifs clos. D'où la nouvelle version de ce lundi soir. Qui stipule cette fois que la fermeture des équipements sportifs aux personnes majeures ne concerne pas les piscines.

Cette modification vise à faire jouer la « cohérence » entre Paris et les départements de petite couronne. Difficile en effet d'expliquer aux habitants que les bassins sont accessibles pour tous dans les piscines de la capitale, mais réservés aux scolaires dans ceux situés de l'autre côté du périphérique.

Le nouvel arrêté indique d'autre part que les équipements sportifs couverts « sont également ouverts pour l'entraînement de sportifs de haut niveau et les compétitions auxquels ils participent ». Répondant ainsi aux préconisations de la ministre des Sports, l'ancienne nageuse Roxana Maracineanu.

«On se demande si les services de l'Etat ont conscience de ce que ces revirements impliquent»

« On attend l'arrêté du préfet. Dès que c'est officiel, on va voir si on peut rouvrir au public dès demain (mardi) matin, expliquait ce lundi, en fin de journée, Jean-Christophe Fromantin (DVD), maire de Neuilly-sur-Seine. On se demande si les services de l'Etat ont conscience de ce que ces revirements impliquent en termes de maintenance, de gestion du personnel, se désole-t-il. On perd en mairie beaucoup de temps à comprendre, à s'appeler les uns les autres pour savoir ce qu'il faut comprendre. Et pour le public, ce sont des signaux qui sèment le doute sur la gestion de crise. »

« Je comprends la complexité des décisions de gestion de crise qui reviennent à l'Etat. Toutefois, les collectivités comme les habitants sont vraiment en attente de clarté et de lisibilité pour que la sérénité de l'organisation puisse compenser l'anxiété sanitaire », tempère Jean-Didier Berger, maire (Libres !) de Clamart et président du territoire Vallée-Sud.

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