Cours à distance à la fac de Nanterre : « Ce n’est pas plus mal »

À la veille du reconfinement, les étudiants de Nanterre s’apprêtent à quitter sans regrets un campus où l’ambiance était déjà plombée par la crise sanitaire.

 Université Paris Nanterre. Les cours seront assurés seulement par visioconférence.
Université Paris Nanterre. Les cours seront assurés seulement par visioconférence. LP/D.L.

Elles voulaient mesurer au plus vite les conséquences d'un potentiel reconfinement sur leur vie étudiante à la fac de Nanterre. Alors Manon et Houda n'ont bien sûr pas manqué l'intervention, à 20 heures, d'Emmanuel Macron, au sujet de la lutte contre la progression exponentielle de l'épidémie de Covid-19.

Étudiante en licence de littérature anglophone, Houda a suivi l'allocution présidentielle dans son petit logement universitaire qu'elle loue depuis cinq ans auprès du Crous. Manon, 19 ans, membre du BDE et étudiante en 2e année de sciences politiques, a, elle, écouté le chef de l'Etat depuis le domicile familial de Rueil-Malmaison, à une poignée de kilomètres du campus. Deux salles, deux ambiances.

« Dans certains amphis, c'était parfois l'anarchie »

Car Houda, qui travaille comme hôtesse d'accueil dans le quartier Nanterre-Préfecture en parallèle de ses études universitaires, redoute un peu plus que d'autres les effets du reconfinement. « Pour commencer, je ne sais pas encore si je vais rester dans mon logement universitaire, glisse-t-elle. Tout dépendra des chances que j'ai de conserver mon job. Lors du premier confinement, j'avais eu droit à un peu de chômage partiel mais rien ne dit que ce sera le cas cette fois. »

Si elle perd son travail, Houda a d'ores et déjà prévu de quitter sa résidence déjà à moitié désertée et de trouver refuge chez ses parents, à 60 km de Paris, d'où elle suivra ses cours en ligne. « Il faut juste que je déniche un nouvel ordinateur, grince-t-elle. Ça tombe mal mais je viens de perdre le mien… »

Pour Manon, la donne se révèle différente. Même si la jeune femme s'interroge, au vu du contexte, sur le déroulement des prochains partiels, sur les opportunités de décrocher des stages et des alternances ou sur le déroulement de sa troisième année qu'elle imaginait passer à l'étranger, le reconfinement annoncé par le Président ne devrait toutefois pas révolutionner la vie étudiante qui était la sienne depuis cette rentrée pas comme les autres.

Une centaine de cas de Covid mi-octobre

« Tous les cours vont être à distance et d'un point de vue sanitaire, ce n'est pas plus mal, estime-t-elle. La rotation des cours mise en place jusqu'à maintenant par l'université fonctionnait plutôt bien mais, dans certains amphis, c'était parfois l'anarchie. Le masque n'était pas porté par tout le monde, des profs censés être là étaient absents, et la distanciation physique pouvait être difficile à respecter. »

C'est donc sans regret que Manon quitte pour quelques semaines le campus. Un campus déjà à moitié vidé de ses 34 000 étudiants où l'ambiance est plombée par les règles de distanciation physique et où « les premières années n'ont jamais pu trouver leur place ». Un campus, où selon nos informations, une petite centaine de cas de Covid avait été identifiée mi-octobre.

« Au moins, si la situation empire, on ne pourra pas accuser les jeunes et les étudiants » lâche-t-elle, blessée qu'au cœur de l'été, la jeunesse ait été pointée du doigt pour un supposé relâchement dans l'application des gestes barrière lors de soirées un peu trop festives.

« Ce reconfinement, c'est quand même la déprime, résume pour sa part Houda. Je travaille pour gagner de l'argent, je fais des études en même temps et ce n'est pas toujours simple. Mais si en plus, je ne peux même plus sortir, m'aérer, boire des verres ou recevoir des amis, les semaines qui viennent promettent d'être très compliquées. »