Courbevoie : la seconde piscine fait déjà des vagues

Promise par le maire LR pendant sa campagne, la piscine du Faubourg de l’Arche fera partie d’un programme immobilier de cinq cents logements, découvert par l’opposition au dernier conseil municipal.

 Courbevoie, Faubourg de l'Arche. Situé au pied des tours de La Défense, ce quartier, construit au début des années 2000, est le plus dense de la ville.
Courbevoie, Faubourg de l'Arche. Situé au pied des tours de La Défense, ce quartier, construit au début des années 2000, est le plus dense de la ville. LP/Florence Hubin

Une piscine pour le Faubourg de l'Arche. C'était «la » grande promesse de campagne de Jacques Kossowski (LR), confortablement réélu maire pour un cinquième mandat, conscient que répondre à cette demande ancienne et récurrente des habitants, plus particulièrement ceux proches de La Défense, permettrait aussi de soulager la pression sur la piscine olympique du centre-ville, dans le centre commercial Charras, ultra-fréquentée et vieillissante.

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Mais pour construire une nouvelle piscine sans peser sur les finances municipales, mises à mal non seulement par le désengagement de l'Etat depuis plusieurs années mais également par la crise sanitaire, le maire candidat n'avait pas caché que l'opération pourrait s'inscrire dans un projet privé. Sans en préciser les contours. «On a un peu menti aux Courbevoisiens », réagit son opposante, Aurélie Taquillain (LREM), «Le maire avait promis une piscine, mais aucunement d'immeubles de onze étages, dans un quartier déjà très dense. »

L'opposition, et les habitants, ont en effet découvert le programme en conseil municipal. Deux terrains (au 47-49, rue des Fauvelles et 115, avenue de l'Arche) font l'objet d'une promesse de vente au profit de la SAS Courbevoie Fauvelles, en vue de la réalisation d'un projet d'aménagement de 36 644 m². Le permis de construire - actuellement en cours d'instruction en mairie de Courbevoie - comprend pas moins de 496 logements (dont 30 % de logements sociaux et 10 % de logements intermédiaires) dans un ensemble de dix et onze étages, construits après la démolition de deux immeubles de bureaux, soit environ 1 500 habitants supplémentaires pour le Faubourg de l'Arche, déjà le quartier le plus dense de la commune, avec 18 000 habitants entre l'avenue Marceau et La Défense.

« Soyons fous ! »

« Dans ce quartier Fauvelles, la plupart des immeubles s'élèvent sur neuf, dix ou onze étages », est intervenue mercredi soir en séance du conseil municipal l'opposante Aurélie Taquillain (LREM), « Exception faite de cette avenue de l'Arche où, attenant à ce projet, deux immeubles de six étages existent et en face, quatre immeubles de bureaux de six étages. Comment se fait-il que l'homme d'expérience et de vision que vous êtes ne nous propose pas de réfléchir collectivement à une politique urbaniste plus apaisée avec, par exemple, des immeubles d'hauteurs identiques à ceux déjà attenants ? Soyons fous ! Allons jusqu'à imaginer un coin pavillonnaire… »

Jacques Kossowski (LR) a rappelé à l'opposition que la construction de bureaux à La Défense rapportait des recettes à la ville. «Mais en contrepartie, l'Etat nous dit de faire des logements, dont des logements sociaux », s'est justifié le maire, ajoutant, «et on est bien content que nos enfants puissent rester à Courbevoie ».

L'édile a également justifié son projet en assurant que rénover l'actuelle piscine olympique, ouverte au début des années 70, ne coûterait pas moins cher à la ville, qui estime cette rénovation à 30 millions d'euros environ. Or la participation de la commune au projet privé s'élèverait pour l'instant à 19,8 millions d'euros (hors taxes). Si le permis de construire est délivré, ce qui ne saurait tarder, les travaux commenceront l'an prochain, pour une livraison des logements et des équipements sportifs en 2024. Ils comprendront une salle de sport en rez-de-chaussée et un bassin de natation de 25 mètres semi-enterré.

Les opposants craignent des problèmes de délinquance

Les élus LREM, notamment ceux qui vivent dans le quartier, craignent les conséquences de cette densification. «Les habitants ne veulent pas d'immeubles d'habitation supplémentaires, ils l'ont dit quand le maire s'est rendu dans le quartier », rappelle Laurent Fitoussi, conseiller municipal LREM. Des habitants qui découvrent également qu'un autre équipement public promis, un parc supplémentaire, ne sera aménagé qu'en contrepartie de la construction de trois nouvelles résidences de onze étages, rue des Lilas d'Espagne, en lieu et place de l'entreprise Gefco.

Cette densité engendre selon certains opposants des problèmes de délinquance dans le quartier, d'autant que l'antenne de police municipale a été fermée. «C'est un beau quartier, mon fils y habite. Si ça ne vous plaît pas, partez ! », leur a répondu vertement Jacques Kossowski (LR).