Colombes : le probable suicide d’une cadre plonge l’hôpital Louis-Mourier dans l’émoi

La thèse du suicide est privilégiée après la découverte d’une lettre expliquant le geste de la victime, dont le corps sans vie a été découvert dimanche matin. Elle y évoque des problèmes personnels mais aussi liés à son travail.

AbonnésCet article est réservé aux abonnés.
 Colombes, 2017. Le drame s’est produit dans un logement de fonction du centre hospitalier Louis-Mourier.
Colombes, 2017. Le drame s’est produit dans un logement de fonction du centre hospitalier Louis-Mourier. LP/V.T.

« Nous sommes tous bouleversés. Et en colère ! », tempête une salariée de l'hôpital Louis-Mourier de Colombes. La nouvelle du suicide vraisemblable d'une cadre de l'établissement, dimanche, a été un choc pour ses collègues. « J'ai pris une grande claque, confirme cette membre du personnel soignant, qui était proche de la victime. Cela nous touche car c'était quelqu'un de bien. Elle était super-gentille. »

Le corps sans vie de cette femme âgée de 50 ans a été découvert dimanche matin, vers 9h30, dans son logement de fonction situé sur le site du centre hospitalier. « C'est une voisine de palier qui a donné l'alerte car elle lui avait laissé un message », révèle un autre employé de l'hôpital, lui aussi ému.

Une longue lettre, plus précisément, où la cadre explique son geste. Son amie s'est aussitôt précipitée chez elle mais il était déjà trop tard. « Malgré l'intervention des secours, la victime n'a pas pu être réanimée », indique l'Assistance publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) dans un communiqué publié ce mardi soir.

«Elle était dans une grande souffrance», selon une proche

Les policiers, qui sont intervenus dans la matinée, ont trouvé au domicile de la défunte une bouteille d'alcool et des boîtes de médicaments, dont le mélange pourrait être à l'origine du décès. Une hypothèse que confirmera ou non l'examen du corps par l'institut médico-légal de Paris. Le parquet a ordonné une autopsie et des analyses toxicologiques, dont on ne connaît pas encore les résultats.

Coordinatrice de la logistique de l'hôpital Louis-Mourier, la victime y travaillait depuis plus de trois ans, après avoir œuvré à Ambroise-Paré, à Boulogne, et Raymond-Poincaré à Garches. Dans sa lettre d'adieu, la cadre évoque des problèmes personnels et familiaux, mais aussi professionnels.

Elle rappelle notamment son « burn-out » de l'année passée et parle d'un « sentiment d'abandon » de l'institution hospitalière. « Elle avait déjà fait une tentative de suicide, l'an dernier », indiquent ses deux collègues, qui mettent en cause une « pression de la hiérarchie ». « Je n'ai jamais vu une personne dans une telle souffrance, elle n'en pouvait plus », ajoute la membre du personnel soignant.

La direction de l'hôpital veut «analyser les causes en toute transparence»

« En congé longue maladie depuis plus d'un an, elle avait pu reprendre son activité professionnelle récemment », précise l'AP-HP. Et d'annoncer qu'elle va réunir un comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) extraordinaire, jeudi matin. « Même si le suicide n'est pas intervenu sur le lieu de travail, la direction du groupe hospitalier a souhaité en analyser les causes en toute transparence dans le cadre du CHSCT extraordinaire », explique l'institution hospitalière.

Newsletter L'essentiel du 92
Un tour de l'actualité des Hauts-de-Seine et de l'IDF
Toutes les newsletters

« Dès dimanche, les équipes qui étaient sous la responsabilité de l'agent décédé ont été rencontrées par la direction de l'hôpital et un suivi psychologique leur a été proposé. La cellule de soutien psychologique est mise en place et accueille depuis tous les personnels qui le souhaitent », rapporte encore l'AP-HP.

Enfin, l'AP-HP et la direction du groupe hospitalier tiennent à « s'associer à la douleur de ses proches et de ses collègues ». Le Parisien présente également ses condoléances à sa famille.