Colombes : 600 platanes trépassent pour que le tram passe

Le département prépare les travaux du prolongement du tramway. La municipalité écologiste s’en désole mais le conseil départemental assure qu’il plantera de nouvelles essences en un nombre supplémentaire.

 Colombes, le 11 février. Environ 600 platanes, dont quelques dizaines ici rue Salvador-Allende, sont abattus pour permettre le prolongement du tramway T1.
Colombes, le 11 février. Environ 600 platanes, dont quelques dizaines ici rue Salvador-Allende, sont abattus pour permettre le prolongement du tramway T1. LP/Olivier Bureau

Le cri de la tronçonneuse résonne rue du président Salvador-Allende, à Colombes. Le conseil départemental mène actuellement une opération de coupes dans l'alignement d'arbres situé sur cet axe du nord de la ville. Cette campagne est la première étape avant le prolongement du tramway T1.

Au total, plus de 600 arbres sont concernés sur l'ensemble de la ville. Même si l'opération est jugée indispensable, elle suscite des sentiments violents dans la seule commune du département gouvernée par un maire écologiste.

Le conseil départemental, maître d'ouvrage du prolongement du T1, doit enlever ces arbres pour deux raisons : soit parce qu'ils se trouvent juste sur le passage du tram, soit parce qu'ils sont trop proches de la future plate-forme. La proximité de leurs branchages avec le système électrique du tramway serait trop risquée. Leur abattage va permettre de commencer les travaux préparatoires, à savoir déplacer les réseaux d'eau, de gaz, d'électricité et d'eaux usées.

Colombes : 600 platanes trépassent pour que le tram passe

C'est tout le nord de Colombes, en particulier la rue de Renouillers, au niveau de l'hôpital Louis-Mourier et la rue Salvador-Allende, qui sont concernés. « Le secteur Europe a déjà été fait. Le département s'est engagé à compenser et à replanter mais le compte n'y sera pas tout de suite, au moins en ce qui concerne la lutte contre les îlots de chaleur », regrette Jérémy Desarthe, maire adjoint (EELV) chargé notamment de la transition écologique, du plan climat et de la végétalisation de l'espace public.

Un « crève-cœur » pour la municipalité

Aujourd'hui, il reste la moitié des arbres à couper. De Châtenay-Malabry à Colombes en passant par Chaville, les défenseurs des arbres, très actifs ces derniers temps, mettent un argument en avant : un arbre de 40-50 ans comme les platanes de Colombes joue un rôle plus important qu'un spécimen plus jeune qu'on replante.

Selon eux, il consomme davantage de CO2 et rejette davantage d'oxygène. Sa taille et l'ombre qu'il procure ont aussi un rôle capital dans la lutte contre les îlots de chaleur. « Avec les canicules à répétition, le besoin de fraîcheur est bien réel », ajoute l'élu de Colombes qui voit dans ces coupes « un crève-cœur ».

C'est bien cet enjeu climatique, plus que l'essence même de ces arbres, qui justifie que « la municipalité déplore ces abattages ». « Le platane est fragile et allergène, admet Jérémy Desarthe. Dès qu'on peut, on remplace nos platanes malades, 72 cette année, par des essences mieux adaptées au sol, comme des prunus, des chênes… »

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Face à l'abattage massif d'alignements de platanes, la municipalité a obtenu quelques compensations de la part du conseil départemental. Des haies seront plantées le long du tracé ou dans des rues adjacentes, sur des terrains appartenant à la commune ou au département. « Nous avons aussi obtenu que le bois reste dans la ville », affirme Jérémy Desarthe.

Les arbres coupés transformés en meubles ou clôtures

Pas question que les tonnes de bois récupérées à l'issue des coupes finissent en bois de chauffage et rejette donc des quantités de CO2 dans l'atmosphère, après en avoir absorbé pendant des années. « C'est un symbole, reconnaît l'adjoint à l'écologie. Ce bois sera transformé en mobilier urbain, en clôtures ou en paillage pour les espaces verts. »

D'ici là, les troncs et les branches sont stockés sur un terrain rue Salvador-Allende. Et pour le transformer une fois sec, Colombes accueillera… une scierie provisoire !

Colombes, le 11 février. Le département a prévu de replanter 680 arbres pour compenser ceux abattus. LP/O.B.
Colombes, le 11 février. Le département a prévu de replanter 680 arbres pour compenser ceux abattus. LP/O.B.  

Au département, on parle de remplacement, pas d'abattage. « Ces opérations se déroulent en hiver afin de respecter les périodes de nidification, de reproduction et d'hibernation de la faune, fait remarquer le conseil départemental. La campagne de cet hiver concerne les arbres qu'il est strictement nécessaire d'abattre pour réaliser les travaux prévus en 2021. Les autres arbres sont laissés le plus longtemps possible, et seront abattus au fur et à mesure de l'avancée des travaux. »

Dès cette année une centaine d'arbres seront plantés dans le parc départemental Pierre-Lagravère, au collège Moulin-Joly et le long des routes départementales, à Colombes. « Une fois le projet achevé, ce sont plus de 680 arbres au total qui seront plantés le long du futur tramway et sur le territoire communal », ajoute le département.

Et fini le 100 % platanes. Il y en aura quelques-uns mais ce sont surtout des magnolias, cerisiers, frênes, prunus, arbres de fer et merisiers qui vont verdir la commune.