Chaville : les arbres de la D 910 font sortir les militants du bois

Plusieurs associations se sont rassemblées ce dimanche, unies par leur hostilité à l’abattage d’arbres dans le cadre du projet d’aménagement de cet axe qui relie Sèvres aux Yvelines.

 Chaville, ce dimanche 7 février. Elus écologistes et défenseurs de l’environnement se sont rassemblés pour manifester leur hostilité au projet d’aménagement de la D 910 qui implique des coupes d’arbres.
Chaville, ce dimanche 7 février. Elus écologistes et défenseurs de l’environnement se sont rassemblés pour manifester leur hostilité au projet d’aménagement de la D 910 qui implique des coupes d’arbres. LP/Olivier Bureau

Les vélos, pancartes et autocollants aux couleurs de plusieurs associations écologistes étaient de sortie ce dimanche matin, à Chaville. Une demi-douzaine d'associations ont organisé un rassemblement sur la place de l'Eglise. Si toutes n'ont pas les mêmes vocations ou les mêmes aspirations, elles se retrouvent sur ce point : préserver les arbres de la D 910, cet axe qui traverse la commune et relie Sèvres aux Yvelines.

Chaville : les arbres de la D 910 font sortir les militants du bois

En ligne de mire des militants, le projet de requalification de la D 910 en boulevard urbain par le conseil départemental. Une enquête publique a été menée à l'automne 2019. L'objectif affiché est de donner plus de place aux piétons et aux vélos afin d'avoir un meilleur accès aux commerces avec notamment des trottoirs élargis et davantage de passages piétons.

« Les arbres ne doivent pas être une variable d'ajustement… » résume Brigitte Compain-Murez, déléguée de l'association Sites et Monuments Hauts-de-Seine et du Groupe National de Surveillance des Arbres de Chaville (GNSA), présente à la manifestation même si elle ne faisait pas partie de ses organisateurs.

Un projet déjà atténué

Problème, une telle opération implique de supprimer quelques dizaines d'arbres. Le danger qui pèse sur les platanes et autres tilleuls a aussitôt fait souffler un vent de colère sur Sèvres et Chaville, les deux communes concernées. Le projet initial prévoyait l'abattage quasi-systématique des arbres, à commencer par ceux jugés « trop proches des façades ».

Une pétition opposée à ces coupes avait recueilli 1 800 signatures. Les opposants invoquent le code de l'environnement qui interdit l'abattage d'arbres d'alignement en bonne santé. Fin décembre 2019, à l'issue de l'enquête publique le commissaire enquêteur arrondissait les angles. Aujourd'hui, les deux parties, porteurs du projet et défenseurs des végétaux semblent dans l'impasse.

Au conseil départemental, on met en avant les efforts consentis. « Avant l'enquête publique, il était prévu d'abattre 284 arbres sur un total de 319. Nous devions en conserver 35 et en planter 627, soit un total de 662 arbres à la fin des travaux, détaille-t-on au département. Après l'enquête publique, nous avons revu ce bilan pour limiter les coupes à 192 arbres (au lieu de 284), donc d'en conserver 127 et d'en planter 544, soit un total final de 671 arbres à l'issue des travaux. On fait mieux que préserver puisque le projet prévoit donc désormais 352 arbres supplémentaires par rapport à l'existant. »

Préserver les arbres pour lutter contre les îlots de chaleur

Pas de quoi convaincre les plus rétifs : « de toute façon ce sera de jeunes arbres qui ne remplaceront pas les grands forment actuellement une voûte au-dessus de la route, ajoute Brigitte Compain-Murez. Le projet du département doit s'adapter à ce qui existe. Ils doivent revoir leur copie… » « C'est un projet du passé », balaye quant à lui David Ernest, membre de Chaville Ecologistes et maire adjoint (EELV). « On doit aller au maximum de ce que la déclaration d'utilité publique d'août 2020 permet. On doit garder les grands arbres. Ils sont plus utiles que des jeunes végétaux pour lutter contre les îlots de chaleur. Ils ont un rôle de climatiseur et de lutte contre les îlots de chaleur. »

La défense des platanes est presque l'arbre qui cache la forêt. La place du vélo prévue par le département est aussi contestée. « Nous voulons surtout une piste cyclable en double sens au milieu de la voie, appuie Christine Lamotte, elle aussi militante à Chaville Ecologistes. Les coronapistes ont changé notre vie. Créer des pistes sur les trottoirs, c'est un retour en arrière. »

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Le projet actuel est estimé pour l'instant à quelque 50 millions d'euros. Une fois les dernières études et procédures achevées, les travaux devraient commencer courant 2022.