Châtenay-Malabry : au chevet des arbres centenaires

Inquiètes du devenir du parc arboré remarquable de la Butte rouge, où va démarrer une opération de rénovation urbaine, deux associations ont organisé un rassemblement ce samedi matin.

 Châtenay-Malabry, ce samedi. Les participants ayant répondu à l’appel des deux associations se sont donné rendez-vous au pied d’un acacia robinier de plus de 300 ans.
Châtenay-Malabry, ce samedi. Les participants ayant répondu à l’appel des deux associations se sont donné rendez-vous au pied d’un acacia robinier de plus de 300 ans. LP/D.L.

Oui à la rénovation urbaine, mais sans toucher au patrimoine arboré. Voilà, en substance, le message envoyé ce samedi par les associations Châtenay-Patrimoine-Environnement (ACPE) et ARBRES. Deux associations qui ont organisé, ce samedi, un rassemblement à la Butte Rouge dans le quartier de la cité-jardin, afin d'attirer l'attention sur les espèces remarquables qu'il abrite.

Comme un symbole, c'est derrière l'église copte, au pied d'un majestueux acacia robinier, réputé pour être l'un des plus ancien d'Ile-de-France, que la centaine de participants s'est donnée rendez-vous. « Ce robinier est tout simplement extraordinaire, insiste Georges Feterman, le président de l'association ARBRES, connu pour animer des sorties découverte de la nature à Paris. Il fait 3,80 m de diamètre et il a au moins 300 ans. C'est peut-être le plus vieil arbre de la région parisienne… »

Un spécimen qui en cache d'autres. Comme l'érable de Virginie, ou érable argenté qui, aux beaux jours, offre un peu d'ombre à la place François-Simiand, ou comme le chêne sessile, avec ses 4,4 m de circonférence, qui semble veiller sur le parc Vinci. « Quand on a la chance d'avoir des arbres comme ceux-là, on les garde » résume Georges Feterman. « C'est ce qui a été fait dans le passé, appuie, une habitante du quartier. Ces arbres étaient déjà là quand la cité-jardin s'est étendue dans les années 1950. À l'époque, on a construit autour d'eux. Tout a été fait pour les sauvegarder. »

Une demande de classement pour la cité-jardin

Une sauvegarde que les associations aimeraient voir perdurer. « On a déposé une demande de classement pour cette cité-jardin » rappelle Martine de Saintilan, la présidente de l'ACPE. Parmi les participants au rassemblement de ce samedi, beaucoup redoutent que les travaux relatifs à la rénovation urbaine, notamment la création de parkings souterrains, touchent les racines. « À long terme, certains spécimens risquent de mourir » s'alarme le spécialiste arboricole, Louis Vallin.

Ces sombres prédictions agacent la municipalité (LR) de Châtenay. « On sanctuarise ces espaces, plaide le maire Carl Segaud. On ne va pas nuire aux paysages, au contraire, on va les préserver. »