Au marché de Suresnes, les glaneurs aident les gens dans le besoin

Depuis novembre, l’association Des Marches Citoyennes glane les fruits et légumes invendus des commerçants pour les distribuer en fin de marché, le dimanche, à des personnes en situation de précarité.

 Suresnes, ce dimanche. L’association DMC (Des Marches Citoyennes) propose une distribution de fruits et légumes gratuites glanés auprès des commerçants du marché pour des personnes dans le besoin depuis le mois de novembre.
Suresnes, ce dimanche. L’association DMC (Des Marches Citoyennes) propose une distribution de fruits et légumes gratuites glanés auprès des commerçants du marché pour des personnes dans le besoin depuis le mois de novembre. LP/Marjorie Lenhardt

13h15, ce dimanche, sous la halle du marché de Suresnes, une file se forme devant le stand de l'association Des Marches Citoyennes (DMC). Depuis le mois de novembre, les « glaneurs » de l'association proposent une distribution gratuite de fruits et légumes invendus à la fin du marché pour des personnes dans le besoin.

Assise près du stand, Anne, 45 ans, vient aussi souvent qu'elle le peut. « Je vis avec une allocation handicap. J'ai 900 euros par mois. Quand j'ai déduit le loyer et les charges, il me reste 210 euros pour les courses. Avec cette distribution, j'économise environ 50 euros par mois et j'ai des fruits et légumes pour la semaine », raconte-t-elle.

Chaque dimanche, entre 20 et 50 personnes défilent devant le stand. « Les bénéficiaires sont très différents. On a de tous les âges mais surtout des personnes âgées avec de petites retraites », observe Évelyne Chambaloux, présidente de DMC.

Des dons plutôt que des rabais en fin de marché

Avec ses bénévoles, l'association a lancé « les glaneurs », en novembre dernier, pour répondre à un besoin grandissant depuis le début de la crise sanitaire. « On ne demande aucun justificatif, ni d'où ils viennent, on mise sur l'honnêteté des uns et des autres. On imagine que s'ils pouvaient sortir leur portefeuille, ils préféreraient le faire », ajoute Évelyne Chambaloux.

Au début, les bénévoles allaient glaner les invendus auprès des marchands de fruits et légumes et puis au fur et à mesure, les commerçants ont pris l'initiative de leur ramener des cageots pleins de salades, carottes, pommes… et même des baguettes restées sur leurs étals une fois tous les clients passés.

« On ne jetait jamais rien avant, on proposait des prix à la fin du marché pour liquider les stocks. Là, on le fait gracieusement car ça nous fait plaisir », explique Lauren, vendeuse de fruits et légumes. « On essaye de faire ce que l'on peut pour aider les gens, surtout vu la conjoncture actuelle », abonde Nicolas, tout en remettant une palette pleine de kiwis à Rodolphe, un des bénévoles.

D'autres collectes pour d'autres associations

« On fait en sorte de faire la distribution vers 13h15, 13h30 quand 75 % des commerçants remballent pour ne pas déranger », précise-t-il. Récemment, la ville ne les autorise plus qu'à venir un dimanche sur deux. « Vu le nombre de personnes qui vient, on voit bien que tous les 15 jours, ce n'est pas suffisant. On espère pouvoir revenir tous les dimanches », confie Évelyne Chambaloux.

« Dès sa première demande qui était d'une fois par mois, la ville a immédiatement mis à disposition un emplacement à l'intérieur du marché. Elle a en outre associé DMC à une réunion, qui sera prochainement organisée avec l'ensemble des associations de soutien pour faire face à la crise », précise Guillaume Boudy, maire (LR) de Suresnes.

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« Une collecte a été organisée sur le marché du bas, à l'initiative de la ville, pour proposer aux habitants d'acheter au marché des denrées à remettre sur un stand confié aux Restos du Cœur, au Secours populaire et à la Croix Rouge, ajoute l'élu. Une autre collecte va être organisée, dès le mois de mars, au marché du haut. Donc, il faut bien partager l'espace. »