Antony veut garder ses distances avec l’aéroport d’Orly

Le maire Jean-Yves Sénant (LR) soumettra ce jeudi, au conseil municipal, un vœu refusant l’extension de la zone de prévention du bruit de l’aéroport, qui inclut désormais sa ville et une partie du quartier Antonypole dont le réaménagement pourrait être affecté.

 Antony, 2020. 3 000 logements collectifs doivent être construits dans le quartier d’Antonypole. L’extention de la zone de prévention du bruit d’Orly pourrait remettre en cause une partie de ce projet.
Antony, 2020. 3 000 logements collectifs doivent être construits dans le quartier d’Antonypole. L’extention de la zone de prévention du bruit d’Orly pourrait remettre en cause une partie de ce projet. LP/C-E.AK

Le bruit des avions, qui survolent Antony à la limite sud-est de la ville, est encore « supportable » de l'aveu du maire Jean-Yves Sénant (LR). L'élu n'entend pas que cela change. C'est pourquoi il proposera au vote du conseil municipal, ce jeudi soir, un vœu demandant le retrait du projet d'extension des contraintes du Plan de prévention du bruit dans l'environnement (PPBE) de l'aéroport Paris-Orly.

Les zones définies dans le plan d'exposition au bruit sont soumises à des restrictions de construction ou à des règles d'isolation. Seuls le Val-de-Marne et l'Essonne étaient concernés par le précédent plan.

Le projet d'extension de la direction générale de l'aviation civile (DGAC), présenté la semaine passée, inclut désormais Antony sur près de 70 hectares. Une vingtaine d'hectares se retrouvent dans la zone C, qui interdit la construction de logements collectifs. Une nouvelle zone D imposerait des dispositifs d'isolation supplémentaires aux logements sur un périmètre estimé à 45 hectares.

Ce n'est pas tant le second que le premier secteur, qui inquiète la municipalité d'Antony, car la zone C prévue englobe une partie du quartier Antonypole. Elle pourrait donc remettre en cause le projet de réaménagement autour de la future gare de la ligne 18 du Grand Paris Express.

Le maire s'inquiète pour les futurs logements collectifs d'Antonypole

« Tous les nouveaux logements ont des protections phoniques adaptées à des zones de forte densité urbaine, ce n'est donc pas le souci. Le problème, c'est que nous avons un projet de construction de 3 000 logements collectifs autour de la gare. Le plan d'exposition au bruit d'Orly risque d'affecter ce programme », déplore Jean-Yves Sénant, sans savoir précisément dans quelle proportion.

Le maire redoute en outre « l'image désastreuse » que pourrait renvoyer le développement du trafic aérien dans ce quartier et au-delà sur sa ville. Car l'extension de la zone de protection du bruit ne laisse rien présager de bon au maire d'Antony. « Elle laisse penser que la direction générale de l'aviation civile prévoit d'augmenter le trafic sur l'aéroport d'Orly, subodore-t-il. Or, ce n'est pas du tout ce qui était prévu. »

Et ce n'est pas du tout le moment selon l'édile. « Le trafic aérien reprendra certainement après la crise du Covid-19 mais de nouvelles pratiques sont apparues ces derniers mois, qui limitent le besoin de se déplacer. Il n'est donc pas certain que l'on retrouve les rythmes de progression passés », interroge Jean-Yves Sénant.

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Le vœu présenté au conseil demande ainsi à l'Etat de « renoncer à augmenter le trafic de l'aéroport de Paris » et de s'attacher plutôt à « réduire le bruit à la source ». Un vœu qui s'ajoutera à ceux des autres villes concernées pour « donner plus de poids » à leur action collective. Une mobilisation qui a commencé à payer puisque le préfet du Val-de-Marne a accepté, la semaine dernière, de retravailler le texte.