Antony veut défendre ses commerces de proximité

Le restaurant O Grain de Cel est le premier commerce préempté par la commune depuis la création d’un périmètre de sauvegarde du commerce et de l’artisanat en 2018. Une deuxième préemption sera mise au vote ce jeudi soir, au conseil municipal.

 Antony, le 17 septembre. La ville a utilisé son droit de préemption pour acquérir le restaurant O Grain de Cel. L’élue en charge du commerce, Marie Véret, qui étudie les dossiers de candidature, souhaite une brasserie de qualité avec des prix corrects.
Antony, le 17 septembre. La ville a utilisé son droit de préemption pour acquérir le restaurant O Grain de Cel. L’élue en charge du commerce, Marie Véret, qui étudie les dossiers de candidature, souhaite une brasserie de qualité avec des prix corrects. LP/Marjorie Lenhardt

« Ce sera le bistrot du théâtre! » Devant la devanture du restaurant O Grain de Cel, Marie Véret, l'élue en charge du commerce imagine l'avenir. À la fin de l'année 2021, le centre-ville d'Antony retrouvera son théâtre reconstruit face à la médiathèque Anne-Fontaine.

Mais impossible de concevoir une sortie au théâtre sans un lieu de convivialité à côté, pour se réunir, boire un verre ou manger un petit encas, avant ou après la pièce. Après la fermeture d'O Grain de Cel, qui avait des difficultés financières en octobre dernier, la ville a donc décidé d'user de son droit de préemption pour récupérer ce fonds de commerce, à hauteur de 166 500 euros. Un fonds idéalement situé au bout de la rue de l'Eglise et juste en face du futur théâtre.

Une brasserie ou un bistrot de « qualité » ouvrira d'ici à juin 2021. Sept candidatures ont été déposées et trois d'entre elles sont à l'étude. Le prix de rachat du fonds de commerce étant fixé à 200 000 euros minimum. Le choix devrait être arrêté en décembre. « Nous souhaitons une cuisine de qualité à prix correct, qui peut proposer une petite plancha en plein après-midi et un service le soir, à la sortie du théâtre », précise l'élue.

Depuis la mise en place du périmètre de sauvegarde du commerce et de l'artisanat en 2018, c'est la première préemption que la ville effectue. « Ce qui nous intéresse, c'est d'avoir une ville homogène en commerce de qualité et de proximité. Il faut préserver nos commerces, une ville sans commerce se meurt. Nous sommes dans un centre-ville, qui fonctionne bien, il faut que ça continue », estime-t-elle.

Pas de scooters au milieu de l'alimentation

Une seconde préemption sera mise au vote, ce jeudi soir, au conseil municipal. Il s'agit du restaurant Hop ! Sushi !, rue Auguste-Mounié, placé en redressement judiciaire. « Dans cette rue, il n'y a que des commerces de bouche. Le vendeur était en discussion avec un commerce de mécanique de scooter. Je ne voyais pas ce genre de magasin au milieu de l'alimentaire », justifie Marie Véret.

La municipalité entend ainsi également maîtriser le prix des loyers commerciaux, comme l'indiquait d'ailleurs le maire (LR) Jean-Yves Sénant, en février dernier lors d'un conseil municipal. « La ville a l'intention d'acheter le maximum de locaux commerciaux pour pouvoir justement appliquer des loyers normaux permettant, donc, de faire venir à Antony des commerces de bouche qui, actuellement, ont beaucoup de mal parce que les loyers sont excessifs pour leurs capacités […] Nous allons essayer de réguler progressivement le marché commercial. »

L'élu d'opposition (SE) David Mauger se dit plutôt favorable à l'utilisation du droit de préemption mais nuance : « dans les deux cas présents, les emplacements ne posent pas de problème en termes de fréquentation, alors que d'autres quartiers d'Antony ont plus de difficultés et auraient davantage besoin d'être redynamisés par une politique volontariste du maire. Je pense aux quartiers Pajeaud et La Fontaine, où une boulangerie a fermé, puis un buraliste et enfin la Poste. »

L'ancienne élue de la majorité Isabelle Lajeunie (LR), passée dans l'opposition aux dernières élections, a toujours été fermement opposée à cette stratégie. « Préempter, c'est agir quand il est trop tard pour éteindre l'incendie », estime-t-elle. Elle est plutôt favorable au recrutement d'un manager de centre-ville, « qui a ses réseaux et une parfaite connaissance des commerces, des cessions ou difficultés à venir », comme à Sceaux, Montrouge et Rueil-Malmaison.