«Aller vers les autres fait mûrir» : ce lycée de Gennevilliers pousse ses élèves à s’engager

Au sein du lycée Galilée, l’association Electeurs en herbe a lancé ce mardi son nouveau programme d’éducation à la citoyenneté et invité les élèves à rencontrer des associations locales.

 Gennevilliers (Hauts-de-Seine), le 29 septembre 2020. L’association Electeurs en herbe au lycée Galilée a animé une journée sur l’engagement citoyen.
Gennevilliers (Hauts-de-Seine), le 29 septembre 2020. L’association Electeurs en herbe au lycée Galilée a animé une journée sur l’engagement citoyen. LP/Olivier Bureau

Motiver et inciter les lycéens à s'investir dans les associations, les pousser à débattre sur un sujet aussi incontournable que l'environnement… Ce mardi, le lycée Galilée, à Gennevilliers (Hauts-de-Seine), avait des airs d'agora. L'association nationale Electeurs en Herbe y a lancé « Participe Présent », son nouveau programme d'éducation à la citoyenneté.

Dans la matinée, le hall de l'établissement était quadrillé par sept associations locales. Par petits groupes, au fil des discussions, les lycéens ont découvert le monde du bénévolat.

Galilée n'a pas été choisi au hasard. « Depuis notre création en 2016, nous organisons des simulations d'élections dans les lycées et Galilée y participe à chaque fois », rappelle d'emblée Olivier Bourhis, un des responsables de l'association.

L'après-midi, des lycéens ont échangé sur les propositions de la Convention citoyenne pour le climat et dialogué avec des acteurs engagés dans la lutte contre le réchauffement climatique.

« Nous lançons ce programme Participe Présent pour renforcer le rôle des éco-délégués d'élèves et/ou des instances de la vie collégienne et lycéenne. Cela peut déboucher sur une mini-convention citoyenne pour le climat à l'échelle du lycée, avec un référendum à la clé », poursuit Olivier Bourhis.

«S'investir ouvre l'esprit»

Lionel Pinard acquiesce. Le proviseur de ce lycée polyvalent de plus de 1200 élèves est convaincu par la nécessité de s'impliquer quand on est adolescent. « S'investir ouvre l'esprit, aller vers les autres fait mûrir. Tout cela permet de se faire des réseaux et prépare à la vie en société », estime le chef d'établissement.

Gennevilliers (Hauts-de-Seine), le 29 septembre 2020. L’environnement a été au cœur du débat qui a animé l’après-midi. DR
Gennevilliers (Hauts-de-Seine), le 29 septembre 2020. L’environnement a été au cœur du débat qui a animé l’après-midi. DR  

Un peu plus loin quatre jeunes partagent une petite table et attendent les curieux. Seul le bénévolat a pu réunir trois adolescents de Gennevilliers et un autre de Neuilly. Tous ont en commun d'avoir créé leur junior association quand ils étaient mineurs.

Sissoko et Boulaye, les fondateurs de « Dans l'Mouv » il y a plus de deux ans, ont mené ce projet humanitaire au Maroc et veulent développer des maraudes et autres projets caritatifs, à Gennevilliers. « On assiste à tous les événements locaux. On se bat contre les clichés. Aujourd'hui, on a une quinzaine de bénévoles et on en cherche de nouveaux », sourit Boulaye.

Autre monde, même envie pour Victor le Neuilléen à la tête de Human, Unite Project*, la seule junior association de sa commune, elle aussi tournée dans le caritatif. « Nous organisons une exposition, dont la recette servira à acheter un robot destiné à aider une personne leucémique », dit-il.

«Impossible de rester serein quand son voisin ne l'est pas»

Les questions d'environnement suscitent aussi l'intérêt des lycéens de Galilée. Le Café Kamu de Clichy, Pik Pik Environnement, Bagneux Environnement ou la Fabrik A, la recyclerie de Gennevilliers, expliquent leurs motivations aux élèves. Les bibelots, pochettes ou le pouf colorés réalisé à partir d'un pneu de scooter par les membres de la Fabrik A attirent immanquablement le regard.

« Honnêtement, je suis venu par curiosité. Le recyclage, tout ça, on en parle beaucoup… », reconnaît Imrane, 16 ans. « Moi, j'ai envie de m'engager mais je ne sais pas comment », ajoute Lilia, 17 ans, qui désigne une camarade un stand plus loin. Elle s'appelle Nour, est élève en terminale et a franchi le pas. Ce mardi, elle est à Galilée comme lycéenne. Elle aurait pu être là en tant que militante associative. Elle est présidente d' Espoir Doré, basée au Luth et aux Grésillons à Gennevilliers.

Maraudes, visites chez les personnes isolées, aide alimentaire, collectes pour les Ehpad et les hôpitaux : la jeune fille et son équipe de bénévoles fourmillent d'idées. « La pauvreté dans la rue me fait mal, confie Nour, véritable concentré d'énergie caritative. Je ne pouvais pas rester les bras croisés. C'est impossible de rester serein quand son voisin ne l'est pas. »

* Exposition visible du 2 au 4 octobre 2020, à la galerie Cécilia F., 4, rue des Guillemites, Paris (4e).