A Levallois-Perret, pas de centre de vaccination mais des piques à foison en conseil municipal

Le conseil municipal de ce lundi soir a été l’occasion d’échanges houleux au sujet de la campagne vaccinale grand public qui a débuté le 18 janvier, alors que la ville ne fait partie de celles qui ont pu ouvrir un centre.

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 Levallois-Perret, ce lundi soir. La campagne vaccinale s’est invitée au premier conseil municipal de l’année.
Levallois-Perret, ce lundi soir. La campagne vaccinale s’est invitée au premier conseil municipal de l’année. LP/A.-S.D.

Le sujet de la campagne vaccinale contre le Covid-19 a suscité de vives tensions, ce lundi soir, pour le premier conseil municipal de l'année à Levallois-Perret. Notamment car la ville n'a pas été retenue par la préfecture des Hauts-de-Seine et l'Agence régionale de santé (ARS) pour ouvrir, le 18 janvier, un centre de vaccination grand public destiné aux plus de 75 ans. Sur les 36 villes du département, 13 ont obtenu le feu vert des services de l'Etat.

Depuis plusieurs jours, c'est sur les réseaux sociaux que s'écharpent les élus de la majorité et de l'opposition autour de la question « le dossier de candidature était-il complet, oui ou non ? ». Et c'est donc ce qui a été mis sur la table ce lundi soir, chaque camp se renvoyant la balle avec véhémence.

Un courrier du préfet pointe un dossier «pas complet»

A commencer par Bruno Fellous, conseiller municipal de la majorité et pharmacien à Levallois-Perret, assurant « avoir remué ciel et terre pendant 48 heures pour répondre aux exigences de l'ARS » et qualifiant les accusations de dossier incomplet de « rumeurs » sur les réseaux sociaux.

Le conseiller municipal d'opposition Lies Messatfa (Mouvement radical) saisissait alors la balle au bond, s'estimant « calomnié » sur les mêmes réseaux. Où il serait présenté comme responsable de l'absence de centre à Levallois-Perret puisqu'il travaille désormais au cabinet du ministre de la Santé, en charge des relations avec les collectivités dans le cadre de la campagne vaccinale.

L'opposant a alors décidé de distribuer un courrier du préfet des Hauts-de-Seine précisant que le dossier de Levallois-Perret n'était effectivement « pas complet au moment où ces projets ont été instruits par l'ARS ». « Au lieu de faire profil bas, vous me faites porter la responsabilité de votre échec », s'agace Lies Messatfa.

«Depuis le début, la pénurie de doses de vaccins est la vraie raison», estime la maire

« Ce que vous ne dites pas, c'est que jamais je n'ai eu de réponse du préfet à ma demande de précisions pour savoir en quoi ce dossier était soi-disant incomplet », rebondit Agnès Pottier-Dumas. Et de souligner que le même jour, le 14 janvier, le préfet s'engageait à donner un feu vert à Levallois pour une ouverture le 25 janvier. Ouverture ajournée, faute de vaccins disponibles. « Depuis le début, la pénurie de doses de vaccins est la vraie raison », appuie l'édile.

« C'est qu'on ne produit pas des vaccins comme on produit des chocolats », enchaîne la conseillère municipale d'opposition Maud Bregeon, qui est également porte-parole de LREM. Laquelle suggère à Agnès Pottier-Dumas « de ne pas faire de politique sur le dos de la crise sanitaire ».

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Loupé, puisque dans la foulée, la majorité présentait un vœu pour demander une accélération de la campagne vaccinale en lien avec les collectivités. Texte voté sans le groupe de Lies Messatfa, qui avait quitté la salle du conseil après que la maire a refusé de lui donner de nouveau la parole, et pour lequel celui de Maud Bregeon s'est abstenu.