A la fac de Nanterre, le confinement n’étouffe pas les revendications étudiantes

Les représentants de plusieurs organisations étudiantes se sont rassemblés pour réclamer l’intégration des « sans fac ». Et le retour des étudiants dans les amphis.

 Nanterre, ce mercredi. Les étudiants mobilisés se sont réunis au pied de la symbolique tour B qui abrite les bureaux de l’administration et de la présidence.
Nanterre, ce mercredi. Les étudiants mobilisés se sont réunis au pied de la symbolique tour B qui abrite les bureaux de l’administration et de la présidence. LP/D.L.

À la fac de Nanterre, ils se sont rassemblés malgré le confinement. Ce mercredi, au rythme du slogan « Etudier est un droit, pas un privilège », une trentaine d'étudiants ont brisé le lourd silence qui, depuis vendredi dernier, s'est abattu sur le campus. Parmi leurs revendications : le retour des étudiants dans les amphithéâtres et l'intégration sans condition des derniers « sans fac », ces jeunes restés sans affectation plus d'un mois après la rentrée.

Selon les estimations de l'Unef et du NPA jeunes, indéfectibles soutiens à la cause des sans fac, 21 cas seraient toujours « en souffrance ». « La plupart n'ont même pas de papiers et, en raison de la crise sanitaire, beaucoup n'ont pas pu faire les démarches nécessaires dans les temps, assure Victor, l'un des représentants de l'Unef. Mais cette crise ne doit surtout pas servir d'excuse. Les présidents d'université n'ont pas le droit de pousser ces jeunes vers la précarité. »

Depuis la fin juin, le cas de ces étudiants restés sans affectation fait l'objet d'intenses discussions entre d'un côté, le collectif qui les soutient, et de l'autre, la présidence de l'université. Plus de 90 étudiants auraient ainsi déjà trouvé une place sur les bancs de la fac de Nanterre.

Priorité « aux réfugiés, aux personnes en situation de handicap et à ceux qui bénéficient de l'asile politique »

« Beaucoup sont prêts à faire des efforts, insiste Victor. On a demandé à certains de rétrograder et de passer par exemple de M1 à L3 (NDLR : première année de master à troisième année de licence), d'autres ont été réorientés. On veut bien discuter mais ce qu'on refuse, c'est qu'une sélection soit faite. Tous ceux qui veulent étudier doivent pouvoir s'inscrire. »

De son côté, l'université de Nanterre explique travailler « en collégialité » avec les services du département et affirme donner la priorité « aux réfugiés, aux personnes en situation de handicap et à ceux qui bénéficient de l'asile politique ».

Les étudiants mobilisés étaient tous masqués. LP/D.L.
Les étudiants mobilisés étaient tous masqués. LP/D.L.  

La fac rappelle par ailleurs que la décision d'accepter ou non un étudiant dépend des commissions pédagogiques de chaque UFR. Des commissions qui évaluent si les demandeurs présentent, oui ou non, le niveau et le cursus approprié pour intégrer telle ou telle filière.

« L'ironie, c'est que nous sommes victimes de notre histoire et de notre ouverture, relève-t-on dans l'entourage du président Philippe Gervais-Lambony. Car, en vérité, les universités de Nanterre et Saint-Denis sont les seules à accepter les inscriptions sur dossiers après la rentrée. »

Les organisations étudiantes réclament une part de cours en présentiel

Une nouvelle rencontre entre la présidence et les représentants des organisations étudiantes est prévue ce jeudi, à 15 heures. Une réunion dont l'ordre du jour ne devrait pas de se limiter aux seuls cas des sans fac. À cette occasion, l'Unef et le NPA jeunes répéteront en effet leur souhait de voir les étudiants revenir sur les bancs de l'université. D'autant que selon eux, avec la centaine de cas de Covid identifiés à la mi-octobre sur le campus, l'université ne figure pas parmi les clusters menaçants.

« La formule adoptée à la rentrée fonctionnait plutôt bien, regrette Barthélémy, de l'Unef. Il y a eu quelques couacs au début, notamment droit où tout le monde voulait assister au cours en présentiel et où on s'est retrouvé avec des amphis bondés mais ils se sont vite réorganisés. »

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Les syndicats étudiants, au même titre que certains enseignants, s'alarment en effet du sort d'une partie des 1re années. Pour eux, il est impératif d'investir afin d'aménager les locaux, voire des tiers lieux, et ainsi accueillir les étudiants dans le respect des gestes barrière.

La bibliothèque devrait rouvrir prochainement

« Les néobacheliers ont déjà fait presque un semestre depuis chez eux l'an dernier, observe-t-on dans les rangs de l'Unef. Et parmi eux, certains n'ont toujours pas mis un pied à la fac depuis la rentrée. Maintenir les étudiants loin de l'université, c'est favoriser le décrochage… »

Sur ce point, l'université de Nanterre explique appliquer les circulaires émanant du ministère qui préconise le basculement en tout-distanciel. Toutefois, selon nos informations, des assouplissements sont attendus dans les jours qui viennent. Jusqu'alors fermée, la bibliothèque universitaire devrait prochainement rouvrir ses portes.

Et même si l'université de Nanterre fait la part belle aux sciences humaines, certains travaux pratiques pourront se tenir en présentiel, notamment sur le site de Ville-d'Avray.