À Colombes, le verre se fait sexy

La ville accueille sa Ve biennale du verre jusqu’au 30 janvier 2021. Elle met à l’honneur l’artiste Julie Legrand et ses sculptures pour la plupart sensuelles.

 Colombes, le 2 octobre. Julie Legrand est l’invitée d’honneur de la Ve biennale du verre qui se tient au musée d’art et d’histoire de la ville.
Colombes, le 2 octobre. Julie Legrand est l’invitée d’honneur de la Ve biennale du verre qui se tient au musée d’art et d’histoire de la ville. LP/O.B.

Attention, fragile! Depuis samedi, des dizaines d'œuvres ont investi le musée d'art et d'histoire de Colombes. Cet établissement situé en plein centre-ville accueille jusqu'au 30 janvier, sa V e biennale du verre. L'opération prévue au printemps a été repoussée en raison de la crise sanitaire. Cette année, c'est la plasticienne Julie Legrand qui est l'invitée de marque de cette exposition qui sera officiellement inaugurée ce mardi.

La première édition remonte à 2011. « Tout ce que fait le musée a un lien avec la ville, rappelle Christine Dessemme, la conservatrice. Pour la première, nous avions mis l'accent sur la tradition de fabrication de flacons de parfum, avec Guerlain et le maître d'art Jean-Pierre Baquere. »

Une tradition perpétuée par la cristallerie Benito, lors de la deuxième édition. Puis, les organisateurs ont décidé de mettre à l'honneur un artiste. Après Mateï Negreanu, puis Antoine Leperrier, c'est donc au tour de Julie Legrand de faire partager son univers de verre.

Le « Pistil-vagin » de Julie Legrand. LP/O.B.
Le « Pistil-vagin » de Julie Legrand. LP/O.B.  

Cette plasticienne de 47 ans, diplômée de littérature et des Beaux-Arts a découvert le verre il y a quinze ans. « C'était deux ans après ma sortie des Beaux-Arts. Je travaillais avec des matériaux naturels, des plumes, des mouches, du bois », se souvient-elle.

Cette matière s'est peu à peu imposée dans ses travaux aux côtés du bois ou de la céramique. « Il a tout investi et je suis arrivé à des hybridations », confie la sculptrice, qui a appris « toute seule à travailler cette matière ».

Des œuvres organiques et sensuelles

Vendredi, elle supervisait les dernières installations tandis que Ludovic et Hakim manipulaient avec assurance les frêles formes sorties de leurs caisses de transport.

« Ses œuvres font ressentir quelque chose, il faut s'ouvrir l'esprit. On reçoit ces œuvres comme on reçoit une personne. Le verre est un matériau accessible. Il parle à tous et permet des effets et des formes infinies », explique Christine Dessemme.

Du verre et de la pierre dans « Transsubstantiation » de Julie Lagrand. LP/O.B.
Du verre et de la pierre dans « Transsubstantiation » de Julie Lagrand. LP/O.B.  

Les œuvres de Julie Legrand exposées à Colombes sont presque vivantes. Elles ont un aspect sensuel voire, pour certaines, érotiques comme ce « Pistil-Vagin ». Avec ces créations totalement organiques, on n'est pas loin des obsessions du cinéaste David Cronenberg.

Les réalisations des quinze autres artistes complètent et élargissent cette palette. Curieux, étonnant, dérangeant parfois, le résultat ne laisse par indifférent. Des univers différents se côtoient en quelques mètres.

Plus vrai qu’un vrai : le « Loukoum rose d’Aziyadé », une œuvre de Paul-Arland Gette. LP/O.B.
Plus vrai qu’un vrai : le « Loukoum rose d’Aziyadé », une œuvre de Paul-Arland Gette. LP/O.B.  

À deux pas du « Loukoum rose d'Aziyadé » de Paul-Arland Gette, une petite salle plongée dans une quasi-obscurité présente ainsi une sculpture de Julie Legrand dénommée « Les Hauts et les Bas ». Elle semble répondre à « Carl », une sorte de sphère de Charlotte Charbonnel, tandis que la sono diffuse un enregistrement sonore des étoiles fait par la sonde Keppler. Déroutant.

Musée d'art et d'histoire, 2, rue Gabriel-Péri, à Colombes. Ouvert de 13 heures à 18 heures, les mercredis, jeudis et vendredis ; de 14 heures à 18 heures, les samedis et les deux premiers dimanches de chaque mois, hors vacances scolaires, ponts et jours fériés.