A Clamart, «c’est la ballade des rats heureux» et les riverains déchantent

Les rongeurs envahissent les espaces verts et l’entrée des bâtiments depuis près de deux ans dans le quartier Trivaux-Garenne, malgré les actions de la ville et du bailleur social. Au grand dam des habitants.

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 Clamart, le 19 février. Johan Cousin, habitant du quartier Trivaux-Garenne, déplore la présence de terriers de rats à l’entrée des bâtiments.
Clamart, le 19 février. Johan Cousin, habitant du quartier Trivaux-Garenne, déplore la présence de terriers de rats à l’entrée des bâtiments. LP/Lisa Debernard

« Ici, il n'y a que les enfants que ça amuse. Ils courent après les rats sur les parkings, c'est très dangereux », alerte El Miloud Zeriouh, 54 ans, un résident du quartier de Trivaux-Garenne, à Clamart (Hauts-de-Seine), père de deux enfants de 5 et 9 ans.

Depuis 2019, les habitants de cette cité du Haut Clamart déplorent une recrudescence de rats. Une trentaine de terriers sont apparus aux pieds de certains bâtiments et rien ne semble arrêter les rongeurs. Pas même les quelques campagnes de dératisation engagées conjointement par la ville et le bailleur social Clamart Habitat.

« On a des rats qui se promènent sur la pelouse en pleine journée, signale Johan Cousin, un autre habitant de la cité. Ils grimpent même sur les balcons des rez-de-chaussée. »

Selon bon nombre d'habitants, les rats auraient surgi de terre il y a un peu plus de deux ans. Une date qui coïncide avec le lancement de travaux de grande ampleur sur le chantier voisin de l'écoquartier de la Pointe-de-Trivaux, à Meudon. « Je pense que les rongeurs ont juste traversé la rue », se désole El Miloud Zeriouh, résident du R14.

Françoise Sampiao, dont la mère de 93 ans habite la résidence, s'inquiète pour sa part de la destruction à venir de la patinoire de Meudon et des probables conséquences de ce remue-ménage. « Ça me brise le cœur de la voir vivre dans de telles conditions », explique-t-elle.

Des actions insuffisamment efficaces

La municipalité de Clamart et le bailleur ont déjà réalisé plusieurs opérations de dératisation. « C'est un travail de longue haleine, souligne la ville. Des campagnes sont régulièrement réalisées. Il faut attendre les résultats, désormais. »

Le 8 février, une nouvelle série de mesures ont été prises par la ville et Clamart Habitat, en collaboration avec le territoire Vallée Sud Grand Paris. « La dératisation sur les espaces verts et les extérieurs va durer deux mois, indique la municipalité. En parallèle, le territoire mène une campagne sur les réseaux d'assainissement deux fois par an. »

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Josette Rouanet, 69 ans, habitante historique de ce quartier, reconnaît que la mairie à déjà agi par le passé en posant des appâts et en rebouchant les trous avec de la terre. « Mais ces petits rongeurs, ils connaissent la terre, ça n'est pas efficace », soupire-t-elle avant de surenchérir avec humour : « Ici, c'est la ballade des rats heureux. »

Des poubelles qui débordent et des miettes dans la cour d'école

« La clé d'un traitement efficace, c'est le rebouchage des trous : avec de la paille de fer, du silicone métallique ou encore des plaques collantes », explique Feryel, l'employée d'une société de dératisation, qui invite aussi les habitants des quartiers concernés à participer à leur façon à cette lutte. Notamment en ne laissant aucune nourriture à disposition des rongeurs.

Clamart, le 11 février. Les ordures au sol attirent les rongeurs. LP/L.D.
Clamart, le 11 février. Les ordures au sol attirent les rongeurs. LP/L.D.  

Dans le quartier Trivaux-Garenne, les dépôts d'ordures débordant près des colonnes représentent justement un garde-manger de qualité pour les rats. « Le problème nous a été récemment remonté, signale la ville. Nous avons demandé au territoire Vallée Sud Grand Paris de prévoir des passages plus réguliers. »

Les rats semblent aussi se régaler dans la cour de l'école Charles-de-Gaulle, à proximité directe de la cité. « Un jour, j'ai vu un rat passer sous le portail, témoigne Josette Rouanet, grand-mère d'un enfant scolarisé au sein de l'école. Un enseignant a répondu que les rats étaient attirés par les miettes laissées à l'heure du goûter. »

La prolifération des rats n'est évidemment pas propre à Clamart. « Les rats il y en a toujours eu et il y en aura toujours, c'est le parasite pour lequel nous recevons le plus de demandes », remarque l'employée de cette société de dératisation qui intervient sur l'ensemble de l'Ile-de-France et de l'Oise.

 
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