Val-d’Oise : une femme interpellée après la mort d’un homme tué d’un coup de couteau

Nathalie V. a été interpellée après avoir porté un coup de couteau fatal à son ex-conjoint. Le couple était connu pour ses disputes violentes et sa consommation de crack.

 Sarcelles, lundi 16 novembre. C’est au pied de cet immeuble au 4, allée Jean-Honoré-Fragonard, qu’un homme de 65 ans a été retrouvé inconscient, après avoir reçu un coup de couteau.
Sarcelles, lundi 16 novembre. C’est au pied de cet immeuble au 4, allée Jean-Honoré-Fragonard, qu’un homme de 65 ans a été retrouvé inconscient, après avoir reçu un coup de couteau. LP/Thibault Chaffotte

Une mare de sang marque l'entrée du 4, allée Jean-Honoré-Fragonard, à Sarcelles. C'est là que dimanche soir un homme de 65 ans est mort après avoir reçu un coup de couteau. Les sapeurs-pompiers du Val-d'Oise sont intervenus vers 19 heures, alors qu'il gisait inconscient avec une plaie saignante à la tête, à l'entrée de l'immeuble. Ils ne sont pas parvenus à le secourir. Le décès a été constaté et une autopsie réclamée.

L'auteur présumé du coup de couteau a été rapidement identifié. Il s'agit d'une locataire de l'immeuble, Nathalie V., 51 ans. Séparée depuis un an de la victime, elle se battait régulièrement avec lui, le plus souvent sous l'emprise d'alcool ou de stupéfiants. Cette fois, la confrontation violente s'est terminée par un décès. Elle lui aurait porté un coup à l'arrière du crâne. Il se serait écroulé aussitôt, au pied de l'immeuble.

Sarcelles, lundi 16 novembre. Un homme de 65 ans a été retrouvé inconscient baignant dans son sang, après avoir reçu un coup de couteau. DR
Sarcelles, lundi 16 novembre. Un homme de 65 ans a été retrouvé inconscient baignant dans son sang, après avoir reçu un coup de couteau. DR  

Une pipe et un morceau de crack découvert à son domicile

Les policiers ont interpellé cette femme alcoolisée et sous stupéfiants, à son domicile dans la soirée. « Elle s'était retranchée chez elle. Ils ont dû défoncer sa porte à trois », relate Suzie, sa voisine de palier.

En pénétrant dans l'appartement, au deuxième étage de l'immeuble, les fonctionnaires ont constaté son état désastreux. « Quand ils sont rentrés, ils ont dit : mais comment vous faites pour vivre ici ? », ajoute la voisine. Elle décrit l'endroit comme un squat jonché de détritus, de seringues et de cafards, dont l'odeur insoutenable envahit le pallier chaque fois que la porte est ouverte. Les policiers ont découvert une pipe et un morceau de crack ainsi que le couteau ensanglanté et un marteau dissimulés sous le lit.

« Elle, c'est le crack et les passes », résume la voisine, à qui il est arrivé d'avoir des clients qui sonnaient à sa porte par erreur. « J'ai été obligée de leur dire : ah non, la p…, c'est à côté », confie-t-elle. Elle se plaint du bruit en permanence et des cris. « Cette nuit, c'est la première fois, où j'ai pu bien dormir », dit-elle. Dans toute la résidence, dans le quartier elle hurle. « Elle criait : Je suis dans le crack, j'ai pas ma dose », explique Suzie.

Sarcelles, lundi 16 novembre. Des scellés ont été posés sur la porte de l’appartement de la femme. LP/Thibault Chaffotte
Sarcelles, lundi 16 novembre. Des scellés ont été posés sur la porte de l’appartement de la femme. LP/Thibault Chaffotte  

« La police a dû venir dix fois »

Elle avait noué une relation avec la victime, où la violence revenait régulièrement. « Il y avait souvent de la bagarre. La police a dû venir plus de dix fois », comment Stéphane, un habitant de la résidence. Il confirme qu'elle était consommatrice de crack, mais lui aussi. « Elle l'avait viré de chez elle, il y a un an. Mais il revenait tout le temps », poursuit-il. Sans domicile fixe, il parvenait à se faire accueillir chez elle, en lui apportant de quoi manger ou autre chose, mais elle finissait par le mettre dehors, le plus souvent au terme d'une dispute violente. « Ces deux-là, c'était un phénomène », souligne-t-il.

L'homme dormait le plus souvent sur un matelas dehors, été comme hiver, à proximité du local des Restos du cœur, à quelques mètres de la résidence. Parfois, il s'endormait dans l'escalier de l'immeuble, juste à côté de l'appartement dont il venait de se faire sortir. C'est aussi là qu'il déféquait régulièrement. « Il jetait ses ordures partout », déplore Suzie. Selon elle, c'est de Nathalie V. que venaient les violences. « Elle était toujours en train d'essayer de le planter. Lui ne la touchait pas, il essayait de se protéger. »

Une cellule psychologique mise en place

« Le gardien de la résidence, très choqué, va bénéficier d'un accompagnement psychologique, indique CDC habitat, le bailleur social, propriétaire de la résidence. Notre dispositif de soutien psychologique est toujours prêt à être activé dans ce type de situations. Le personnel de l'agence CDC Habitat restera à l'écoute des résidents qui éprouveront le besoin de parler ou de se confier. »