Une figure du banditisme corse se suicide en prison

Stéphane Raybier, 45 ans, était détenu dans le cadre d’une vaste enquête sur les finances occultes du gang corse du « Petit Bar ». Il s’est donné la mort dimanche soir.

Le détenu a été retrouvé pendu dans sa cellule (Photo d’illustration).
Le détenu a été retrouvé pendu dans sa cellule (Photo d’illustration). LP/Jean Nicholas Guillo

Stéphane Raybier, membre présumé de la bande criminelle corse du « Petit Bar », s’est suicidé dimanche soir à la prison de Toulon. L’homme de 45 ans, qui avait été arrêté et écroué en janvier dans le cadre d’une vaste enquête sur les finances occultes du gang corse, s’est pendu, a indiqué une source proche de l’enquête, confirmant une information de France 3 ViaStella.

Il avait déjà été incarcéré dans le passé, après une condamnation en 2011 à six ans de prison pour la tentative de meurtre en 2008 de l’ancien militant nationaliste corse Alain Orsoni. Le 10 janvier, un coup de filet a été mené dans l’enquête sur « le blanchiment des activités illicites » du « Petit Bar », au cours duquel une vingtaine de personnes avaient été interpellées à Ajaccio et Paris.

« Mon client n’a pas eu accès à la cabine téléphonique depuis un mois »

Stéphane Raybier avait été arrêté en région parisienne et placé en détention provisoire à l’issue de sa mise en examen par la Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Marseille pour blanchiment aggravé en bande organisée des infractions de fraude fiscale et trafic de stupéfiants, association de malfaiteurs et non-justification de ressources.

« Je m’interroge sur la responsabilité, soit du centre pénitentiaire, soit des magistrats co-saisis, puisqu’alors que c’est un droit élémentaire et indispensable à l’exercice de la défense, mon client n’a pas eu accès à la cabine téléphonique depuis un mois qu’il est en détention », a ajouté Me Sebag. « J’avais alerté les juges d’instruction vendredi par télécopie pour signaler que ça faisait un mois que j’étais dans l’attente de l’accès cabine de M. Raybier », a-t-elle précisé.

Dix mis en examen dans ce dossier

« C’est au moment du repas, dimanche soir, que l’on a constaté qu’il s’était pendu. Il était sous surveillance spécifique comme le sont les personnes écrouées depuis peu », a déclaré au Monde une source proche du dossier. Une information judiciaire pour rechercher les causes de la mort doit être ouverte mardi, a indiqué le procureur de Toulon Bernard Marchal. La Ligue des droits de l’homme de Corse, a « demandé à ce que la vérité soit établie sur les circonstances du suicide », précisant que « depuis le début de l’année, plus de dix personnes ont été retrouvées mortes en prison ».

En tout, dix personnes avaient été mises en examen dans ce dossier. Certaines ont été placées en détention provisoire, dont le chef présumé de la bande criminelle Jacques Santoni, lourdement handicapé, le magnat de l’immobilier Antony Perrino ou l’homme d’affaires Jean-Pierre Valentini. Ce gang doit son nom à un café d’Ajaccio. Il est monté en puissance depuis le début des années 2000, avant d’imposer son joug en Corse-du-Sud.

L’enquête a permis « de mettre en évidence des manipulations d’espèces, de nombreux mouvements financiers internationaux ainsi que des investissements immobiliers suspects, le tout portant sur des sommes dépassant largement les revenus déclarés des mis en cause », avait alors indiqué la procureure de Marseille Dominique Laurens.