Une enquête ouverte sur l'élue iséroise Magali Guillot

Après nos révélations sur la gestion hasardeuse de la maison de retraite de sa ville, la police judiciaire de Grenoble a ouvert une enquête sur la maire de Saint-André-le-Gaz dans une affaire « à tiroirs ».

 La maire LR de Saint-André-le-Gaz (Isère), Magali Guillot est l'objet d'une enquête ouverte par le parquet de Grenoble.
La maire LR de Saint-André-le-Gaz (Isère), Magali Guillot est l'objet d'une enquête ouverte par le parquet de Grenoble. LP Infographie/ D.R.

La présidente de la communauté de communes Les Vals du Dauphiné, qui regroupe 36 communes, est dans la tourmente judiciaire. Après nos révélations de la semaine dernière sur la plainte pour abus de confiance contre Magali Guillot, maire de Saint-André-le-Gaz et conseillère départementale de l'Isère, l'édile est ce mardi visée par une enquête sur ses activités comme présidente de la société gérant la maison de retraites de sa ville et sur sa gestion financière.

Selon le Dauphiné Libéré, le parquet de Bourgoin-Jallieu a demandé le dépaysement de ce « dossier à tiroirs ». C'est le parquet de Grenoble qui a été saisi, après le rapport de Tracfin sur le train de vie de l'élue, pour mener à bien les investigations. La police judiciaire locale mènera l'enquête sur l'élue départementale.

Ce mardi, Magali Guillot est aussi l'objet d'un droit d'alerte déposé par la CGT au nom de salariés de la maison de retraite « Les Pérolines », qui s'inquiètent de leur avenir . Cette maison de retraite est un établissement privé qui compte une quinzaine de résidents et emploie moins de dix personnes.

« Franchement, c'est un malheureux concours de circonstances. On a découvert comme tout le monde l'affaire dans la presse ce week-end », assure une salariée anonyme à France Bleu, soulignant que sa démarche n'a tien à voir avec la politique. Le syndicat CGT avait déposé ce droit d'alerte au début du mois.

Suspendue de ses délégations, un droit d'alerte des salariées

A l'automne dernier, la CGT avait saisi l'inspection du travail pour signaler, selon elle, différents manquements au droit du travail, indique encore France Bleu. Une requête visant notamment l'absence de mutuelle d'entreprise, des emplois du temps pas fournis dans les délais, des retards dans le règlement des salaires ou encore des formations manquantes. « On veut juste être plus sereines, avoir de meilleures conditions de travail et de meilleures conditions de vie pour les résidents. On veut sauver les Pérolines, notre travail », ajoute une des salariées auprès de France Bleu.

Samedi dernier, le conseil départemental de l'Isère a décidé de « suspendre Magali Guillot de l'ensemble de ses délégations au titre du département à compter de ce jour, pour lui permettre de se consacrer pleinement à sa défense dans cette affaire à caractère privé ». L'avocat de l'élue, Me Hervé Banbanaste, reconnaît sur le site de France 3 Alpes que la procédure civile pour les loyers impayés n'est pas contestée, invoquant des difficultés financières. En revanche, il conteste les accusations d'abus de confiance et dénonce un amalgame entre la procédure civile et la procédure pénale.