Un malade de Parkinson qui avait tué un chien condamné, son traitement pointé du doigt

Alors que le ministère public avait requis un an de prison avec sursis, l’homme a finalement été condamné à une amende de 500 euros. Il devra également indemniser les associations parties civiles.

 Le prévenu avait tué un chien lors d'une visite à la SPA (illustration).
Le prévenu avait tué un chien lors d'une visite à la SPA (illustration). LE PARISIEN

Il avait tué un chien de la SPA en 2017, près de Caen, d’un coup de tournevis. Pour cet acte violent, un ingénieur normand qui comparaissait devant la justice a été « reconnu coupable par le tribunal correctionnel de Caen », a annoncé ce lundi son avocate. Mais le jugement a toutefois « reconnu l’altération de son discernement et/ou du contrôle de ses actes », a indiqué à l’AFP Me Dominique Mari, qui a fait part de sa « satisfaction et de son soulagement ».

Toute la complexité de l’affaire réside dans l’état de santé de ce père de quatre enfants âgé de 53 ans. Atteint de la maladie de Parkinson, il souffrait en effet d’effets secondaires liés à son traitement. Alors que le ministère avait requis un an de prison avec sursis pour ce père de quatre enfants de 53 ans, le tribunal a ainsi estimé qu’il avait été victime de « troubles du contrôle des impulsions provoqués […] par les médicaments prescrits », comme l’a indiqué Me Mari. En conséquence, l’homme a été condamné à une amende de 500 euros. Il devra également indemniser les associations parties civiles à hauteur de 200 euros chacune.

Licenciement et menaces

Le 1er avril 2017, cet ingénieur, alors numéro deux de l’usine Renault Trucks de Blainville-sur-Orne (1200 salariés), avait donné un violent coup de tournevis à un chien qui aboyait de la SPA de Verson, près de Caen, où il s’était rendu avec son épouse et sa fille. Un comportement violent qu’il allait répéter peu de temps après. Le prévenu avait ainsi été condamné en juin et en juillet 2018 pour actes de cruauté envers des chats qu’il commettait la nuit, le conduisant à changer de traitement fin juin 2018.

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Son médecin faisait le point tous les trois mois avec lui, lui demandant s’il avait des effets secondaires comme l’hypersexualité ou l’addiction aux jeux mais pas s’il avait des pulsions contre les animaux, avait expliqué le prévenu à l’audience mi-décembre, reconnaissant avoir porté le coup mortel au chien mais affirmant ne pas avoir eu l’intention de le tuer. Plusieurs expertises ont montré que l’homme avait souffert d’avril 2017 à juin 2018 des effets secondaires de médicaments contre Parkinson, le Requip et le Neupro.

A la barre, l’épouse du prévenu avait décrit « l’enfer » vécu depuis la médiatisation de l’affaire des chats, les menaces reçues à leur domicile et sur son propre lieu de travail, « l’acharnement » sur les réseaux sociaux contre son mari, le déménagement de la famille, le licenciement de son époux pour faute grave. « On est vraiment face à un drame sanitaire », avait estimé l’avocate de la Défense, Dominique Mari, plaidant la relaxe.