Un gang de cambrioleurs sud-américains itinérants démantelé

Soupçonnés au minimum de 13 cambriolages à travers sept départements, notamment en région parisienne, trois Chiliens et deux Cubains ont été mis en examen jeudi à l’issue d’une enquête de la BRB de Paris.

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 Cinq jeunes cambrioleurs présumés, originaires d’Amérique du Sud, ont été interpellés le 26 janvier dans la Nièvre alors qu’ils revenaient d’un nouveau casse.
Cinq jeunes cambrioleurs présumés, originaires d’Amérique du Sud, ont été interpellés le 26 janvier dans la Nièvre alors qu’ils revenaient d’un nouveau casse. LP/Olivier Boitet

Ils auraient mené une série de « raids » en Espagne, en Allemagne avant de jeter leur dévolu sur la France, et plus spécifiquement la région parisienne et les départements alentour. Avec la particularité d'être ultra-rapides et mobiles.

Cinq jeunes cambrioleurs présumés, originaires d'Amérique du Sud et âgés de 16 à 27 ans, ont été interpellés le 26 janvier dans la Nièvre, alors qu'ils revenaient d'un nouveau casse, par les policiers de la brigade de répression du banditisme (BRB) de la PJ parisienne. Ils ont été mis en examen jeudi pour « vols aggravés » et « association de malfaiteurs » par un juge d'instruction de Bobigny. Les quatre majeurs ont été écroués tandis que le mineur a été placé sous contrôle judiciaire avec placement en foyer.

Les premières investigations ont permis d'imputer à ce réseau au moins 13 cambriolages entre le 9 janvier, date de leur arrivée en France depuis l'Espagne, et leur arrestation. Sept départements sont touchés : les Hauts-de-Seine, le Val-d'Oise, la Seine-et-Marne, l'Eure, l'Eure-et-Loir, le Loiret et l'Aube. Mais les enquêteurs sont convaincus que bien d'autres faits vont apparaître lors de l'instruction, tant ce gang sud-américain frappait vite et fort avec des moyens rudimentaires.

Un logement en Seine-Saint-Denis

Parmi les suspects, trois ont été identifiés comme étant des ressortissants chiliens, connus des polices espagnoles et allemandes pour des cambriolages. Deux d'entre eux étaient l'objet d'une fiche de recherche. Les deux autres ont déclaré être nés à La Havane (Cuba) et à Mendoza (Argentine) sans que cela ait pu être confirmé à ce stade.

Ces cambrioleurs présumés itinérants avaient pris leurs quartiers à leur arrivée en France dans un logement en Seine-Saint-Denis, où ils bénéficiaient de l'aide financière d'un réseau sud-américain ancré dans la criminalité - les hommes volent, les femmes se livrent à la prostitution. De là, ils partaient entre quatre et cinq fois par semaine à bord d'une Nissan pour mener des fric-frac à la chaîne. « Ils roulent dans un rayon de 200 km en faisant des repérages à l'aller et, au retour, ils cassent des pavillons, explique une source proche de l'enquête. Ils utilisent des outils basiques, forcent les portes ou brisent les fenêtres. En général, ils saccagent l'intérieur pour chercher de l'or, des bijoux et de l'argent liquide. »

Pour minimiser les risques d'être confondus, les suspects, décrits comme « très méfiants », changent de départements régulièrement, voyagent sans pièce d'identité et ne restent que trois ou quatre semaines dans un pays européen au maximum avant de sévir dans un autre limitrophe. Mais ce système bien huilé a pris fin lorsque les policiers du groupe de répression des vols aggravés de la BRB ont reçu mi-janvier une information sur les agissements d'un groupe de cambrioleur sud-américain et leur point de chute. Ce qui a déclenché l'ouverture d'une enquête par le parquet de Bobigny, avec la collaboration des autorités chiliennes.

Retrouvés dans la Nièvre alors qu'ils passaient à l'action

Après plusieurs filatures, les enquêteurs parviennent à identifier l'immatriculation de la Nissan utilisée par le gang. Ils découvrent alors qu'un modèle de ce type est signalé dans de nombreux vols commis sur des territoires en zone gendarmerie. Un deuxième véhicule signalé volé dans le Val-d'Oise et utilisé par les suspects est identifié. En faisant les rapprochements, les policiers retrouvent, le 26 janvier, les cambrioleurs présumés dans un convoi de voitures sur l'A7, dans la Nièvre, alors qu'ils sont passés à l'action. Ces derniers sont interpellés sur une aire d'autoroute. Dans leurs véhicules sont découverts quelques menus larcins : des barres de son, un sac de sport…

En garde à vue à la BRB à Paris, quatre des cinq suspects nient totalement les faits. Le cinquième admet sa participation à seulement deux vols, dans l'Aube. Le préjudice n'a pas pu être évalué encore à ce stade, en l'absence du recensement de l'ensemble des vols par effraction, mais il se compterait à plusieurs centaines de milliers d'euros. Cette nouvelle criminalité sud-américaine porte déjà un nom parmi les polices européennes : « La mouvance lanza internacionale ».