«Un bicot ça nage pas» : un policier renvoyé devant la justice pour injures racistes

Le fonctionnaire comparaîtra le 4 mars devant le tribunal correctionnel de Bobigny.

 Une enquête pour injures à caractère raciste et violences avait été confiée à l’Inspection générale de la police nationale (illustration).
Une enquête pour injures à caractère raciste et violences avait été confiée à l’Inspection générale de la police nationale (illustration). LP/Olivier Boitet

Diffusée en ligne, la vidéo des faits avait suscité l'indignation. Un policier mis en cause lors de l'interpellation d'un homme sur l'Île-Saint-Denis, en avril, est renvoyé devant la justice pour injures à caractère raciste, a-t-on appris mercredi, confirmant une information relayée sur Twitter par le journaliste Taha Bouhafs.

Le fonctionnaire, qui fait partie des effectifs de nuit de la Direction territoriale de la sécurité publique des Hauts-de-Seine, comparaîtra le 4 mars 2021 devant le tribunal correctionnel de Bobigny (Seine-Saint-Denis).

Le 26 avril, vers 1h30 du matin, des policiers avaient interpellé à l'Île-Saint-Denis un homme soupçonné de vol de matériel sur un chantier qui avait tenté de prendre la fuite en se jetant dans la Seine, selon des sources policières.

VIDÉO. L'IGPN saisie après des propos racistes tenus par des policiers

« Un bicot comme ça, ça ne nage pas », entendait-on alors dans une vidéo diffusée sur Twitter par le journaliste du média en ligne Là-bas si j'y suis, Taha Bouhafs, visiblement filmée alors que les fonctionnaires avaient sorti l'homme du fleuve. « Ha ! ha ! Ça coule, tu aurais dû lui accrocher un boulet au pied », entend-on encore.

D'autres captations diffusées sur Twitter faisaient état du rire des policiers et de bruits sourds en provenance du fourgon dans lequel l'interpellé, un Égyptien âgé de 27 ans, semblait pousser des cris. Une enquête pour injures à caractère raciste et violences par personne dépositaire de l'autorité publique avait été ouverte et confiée à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN).

Le préfet de police de Paris avait demandé la suspension de deux policiers mis en cause, qui avaient reconnu être les auteurs des propos. « Nous sommes satisfaits des poursuites pour insultes à caractère raciste », réagit l'avocat de l'homme interpellé, Me Arié Alimi. Celui-ci néanmoins vouloir « faire citer les autres policiers pour violences en réunion par personne dépositaire de l'autorité publique ».

« Cette poursuite n'aurait jamais pu avoir lieu sans la vidéo » et avec « la nouvelle loi de sécurité globale » actuellement en débat au parlement, souligne-t-il. Les députés ont entamé mercredi l'examen en commission d'une proposition de loi LREM-Agir sur la « sécurité globale » dont certaines dispositions, comme la pénalisation de l'usage malveillant de l'image des forces de l'ordre, suscitent la controverse.