Un animateur périscolaire soupçonné de viol dans une école maternelle à Paris

Les avocats des familles des victimes présumées déplorent une série de dysfonctionnements lors d’une première enquête classée sans suite. L’homme incriminé conteste les faits.

 Les conseils des victimes présumées dénoncent de nombreux manquements dans le déroulé des événements.
Les conseils des victimes présumées dénoncent de nombreux manquements dans le déroulé des événements. LE PARISIEN/OLIVIER BOITET

Les investigations reprennent et les craintes resurgissent. Un animateur périscolaire est accusé de viol et d'agressions sexuelles sur des enfants d'une école maternelle dans le IIIe de Paris par des parents qui ont obtenu la relance de l'enquête, a-t-on appris lundi de source judiciaire, confirmant une information de Mediapart. D'après le site d'informations, une enquête a été ouverte au début de l'année 2019 après les déclarations d'un enfant de trois ans visant un animateur de son école maternelle.

Trois familles ont d'abord déposé plainte, et l'animateur périscolaire de 37 ans, en poste depuis la rentrée 2018, a été suspendu en février 2019.

Des « dysfonctionnements »

L'enquête, confiée à la brigade de protection des mineurs (BPM) de Paris, a été classée sans suite dans un premier temps le 7 juin 2019. « À la suite du classement sans suite, nous avons adressé un courrier au procureur de la République faisant état d'un certain nombre de dysfonctionnements » lors de la première enquête, explique Me Marie Grimaud, qui représente avec trois autres conseils les familles des petites victimes présumées.

Plaintes non prises, examens médicaux non réalisés, personnel de l'école non entendu… « Ces dysfonctionnements sont courants dans les dossiers de pédophilie à l'école. Il y a un vrai problème dans la gestion de la pédocriminalité au sein des écoles de Paris », ont observé Me Grimaud et Me Rodolphe Costantino. « De nouveaux signalements à l'été (2019), postérieurs à la décision de classement, ont amené (le parquet de Paris) à ouvrir d'initiative une information judiciaire contre X pour agressions sexuelles » sur des mineurs le 10 septembre 2019, indique une source judiciaire.

Treize enfants auditionnés

L'enquête, confiée par un juge d'instruction à l'Office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP), a été étendue à des faits de viol concernant un enfant en août dernier, selon cette même source.

Selon Me Grimaud, « il y a actuellement quatorze enfants qui se sont constitués partie civile » par l'intermédiaire de leurs parents et de nouvelles familles vont se signaler à la justice « dans les prochains jours, les prochaines semaines ». Une vingtaine d'enfants sont concernés par les agissements de l'animateur périscolaire, selon l'avocate. Treize des quatorze enfants ont été auditionnés en septembre dernier. Selon l'avocate de l'animateur, citée par Mediapart, l'homme conteste les faits qui lui sont reprochés.