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Torturé à mort à la perceuse : le meurtrier présumé relâché à cause d’un défaut de procédure

Le locataire du studio du XIXe arrondissement de Paris où gisait le corps d’un jeune Chinois a été placé en garde à vue puis déféré mais sa mise en examen n’a pas été prononcée en raison d’un défaut de procédure.

 Rue de l’Ourcq (Paris XIXe). C’est dans un appartement de cet immeuble que Jie Z., 34 ans, a été découvert mort. Ses chevilles et son ventre présentaient des traces de perforation.
Rue de l’Ourcq (Paris XIXe). C’est dans un appartement de cet immeuble que Jie Z., 34 ans, a été découvert mort. Ses chevilles et son ventre présentaient des traces de perforation. LP/Benoit Hasse

Le scénario du meurtre commis le 22 septembre au 81bis, rue de l'Ourcq (Paris, XIXe) commence à s'éclaircir et un homme a été identifié dans cette affaire. Selon nos informations, il n'a pas pu être mis en examen en raison d'un défaut de procédure.

Cet après-midi-là, Jie Z., un Chinois de 34 ans, est retrouvé baignant dans son sang, à cause d'importantes plaies provoquées notamment par une mèche de perceuse. L'homme décède quelques heures plus tard. Une information judiciaire est ouverte pour « meurtre précédé d'un autre crime, torture et acte de barbarie ».

Le locataire du studio, un homme de 39 ans, est rapidement identifié comme un possible suspect. Un mandat de recherche est délivré à son encontre. Deux jours après les faits, l'homme se présente de son propre chef au commissariat de Pantin (Seine-Saint-Denis). Ce réparateur de téléphones portables est placé en garde à vue par les enquêteurs du 2e district de la police judiciaire parisienne.

Il avoue le meurtre lors de sa garde à vue

Le 25 septembre, sa garde à vue est levée en vue de son déferrement. Les autorités ont alors vingt heures pour le présenter à un juge d'instruction qui doit décider de sa mise en examen. Mais, selon nos informations, le magistrat ne peut pas le recevoir dans les délais qu'impose la procédure pénale. Le suspect est alors remis en liberté le 26 septembre, nous indique une source judiciaire. Un mandat d'arrêt a été délivré à l'encontre de cet homme qui a reconnu au cours de sa garde à vue être l'auteur des coups mortels.

En effet, d'après les déclarations de ce suspect en audition, c'est la victime, Jie Z., qui s'en serait pris à lui. Le défunt aurait été persuadé que sa compagne entretenait une relation amoureuse avec le réparateur de téléphones. Muni d'un marteau, il se serait rendu au 81 bis pour en découdre.

Toujours selon nos informations, le mis en cause explique qu'il serait parvenu à désarmer son agresseur et à s'emparer lui-même d'une cale de porte et d'une mèche de perceuse, longue d'un peu plus de 60 centimètres. Mais le suspect l'assure : il n'a jamais eu l'intention de tuer la victime. D'après les premières constatations des enquêteurs, Jie Z. présentait des traces de perforation aux chevilles, au ventre, une plaie à la gorge et des hématomes au crâne.

Il filme la victime agonisante

Si le mis en cause a filmé la victime agonisante et envoyé la vidéo à son épouse, c'est qu'il voulait qu'elle alerte les secours, dit-il encore aux enquêteurs. Mais, reconnait-il, il avait tout de même l'intention de poster la vidéo sur les réseaux sociaux chinois, sans que l'on sache pourquoi.

Le jour du meurtre, la compagne de Jie Z., une femme de 30 ans, avait expliqué aux enquêteurs s'être rendue la veille au studio du suspect pour y faire réparer son téléphone. Le lendemain, elle y était retournée car la réparation n'était pas satisfaisante. Mais, confiait-elle encore aux enquêteurs, elle ne savait pas ce que son compagnon était venu y faire le jour de sa mort.