Tentative d’assassinat de Guy Orsoni : la police judiciaire corse dessaisie

Après la fuite de trois membres présumés du clan criminel du Petit Bar, juste avant leurs interpellations, les policiers ont été dessaisis au profit des gendarmes.

 Des techniciens en identification criminelle inspectent le 4 x 4 blindé de Guy Orsoni après la tentative d’assassinat, le 13 septembre 2018 à Ajaccio.
Des techniciens en identification criminelle inspectent le 4 x 4 blindé de Guy Orsoni après la tentative d’assassinat, le 13 septembre 2018 à Ajaccio.  AFP/PASCAL POCHARD-CASABIANCA

La police judiciaire en Corse a été dessaisie de l'enquête sur la tentative d'assassinat de Guy Orsoni après que trois membres présumés de la bande criminelle du « Petit Bar » ont échappé à un coup de filet policier, a-t-on appris mercredi de sources concordantes.

La section de recherche de la gendarmerie de l'île de Beauté a récupéré l'enquête, ont indiqué plusieurs sources proches du dossier, confirmant une information de L'Obs.

Lundi 18 septembre, une vaste opération d'arrestations et de perquisitions avait eu lieu à Ajaccio, menée par la police judiciaire épaulée du Raid, le corps d'élite de la police nationale, sur commission rogatoire d'un juge de la Juridiction interrégionale spécialisée de Marseille (Jirs).

Des « fuites » ?

Si le chef présumé de la bande du « Petit Bar », Jacques Santoni, âgé de 42 ans et tétraplégique, a été arrêté à son domicile et mis en examen dans cette affaire avec trois autres personnes, trois de ses lieutenants n'étaient pas à leur domicile au moment du coup du filet et étaient toujours recherchés mercredi.

« La juge d'instruction a décidé de dessaisir la police judiciaire », a indiqué une source proche du dossier, rappelant que ce n'était pas la première fois que des « fuites » étaient suspectées dans des enquêtes sur le grand banditisme menées par la police judiciaire insulaire.

Le 13 septembre 2018, alors qu'il circulait en plein jour au volant d'une voiture blindée dans Ajaccio, Guy Orsoni, fils de l'ex-leader nationaliste Alain Orsoni, avait été visé par le passager d'une moto armé d'un fusil d'assaut. Blessé à l'épaule, il avait réussi à échapper à ses deux agresseurs en fuyant à bord de son véhicule vers le centre-ville.

Guy Orsoni en détention

Un mois après, Guy Orsoni avait lui-même été interpellé à Ajaccio alors qu'il circulait sur une moto volée avec un autre homme, et transportait des sacs contenant des armes et des cagoules. Il a été mis en examen et écroué par le parquet de Marseille le 25 octobre 2018 pour « association de malfaiteurs en vue de commettre un crime ».

En décembre 2019, il a également été mis en examen pour « assassinat en bande organisée » dans l'enquête sur le meurtre de Jean Livrelli, un retraité tué vraisemblablement par erreur en août 2018.