Saisie record de 600 kg de cocaïne en Guyane : quatre personnes incarcérées

Trois suspects sont nés en Guyane, le dernier est de nationalité haïtienne. L’un d’entre eux est une figure locale du syndicalisme de Dégrad-des-Cannes.

 Près de 600 kg de cocaïne ont été saisis au port de Dégrad-des-Cannes, en Guyane.
Près de 600 kg de cocaïne ont été saisis au port de Dégrad-des-Cannes, en Guyane. Douanes françaises

Quatre personnes ont été incarcérées après une saisie record de près de 600 kg de cocaïne en Guyane, a indiqué mardi le procureur de Fort de France (Martinique), Renaud Gaudeul.

Évoquant samedi une saisie record de plus de 500 kg, le magistrat a chiffré mardi à « 594 kilos » la quantité totale de cocaïne récupérée jeudi en Guyane « aux abords du port de Dégrad-des-Cannes », d'une valeur estimée à « au moins 18 millions d'euros ».

Quatre personnes placées en garde à vue jeudi ont fait l'objet lundi d'un mandat d'amener avant d'être incarcérées lundi soir en Guyane dans l'attente de leur transfert prévu « cette semaine », selon le procureur, en charge de cette affaire depuis la Martinique où se trouve la juridiction interrégionale spécialisée pour ce genre de trafics.

La piste d'un « départ imminent de cocaïne »

L'enquête avait débuté en juillet à la suite d'« éléments recueillis par la gendarmerie de Matoury (10 km de Cayenne) relatifs à un trafic de stupéfiant d'envergure transitant par la Guyane », a précisé Renaud Gaudeul.

Fin septembre, les enquêteurs soupçonnent « un départ imminent de cocaïne », et une opération est menée le 1er octobre, en soirée. Elle débouche sur cette saisie record de cocaïne, retrouvée conditionnée en 18 sacs en toile, accompagnés d'un plomb de fermeture de conteneur, dans un véhicule, aux abords du port de Dégrad-des-Cannes à Rémire-Montjoly (15 km de Cayenne), a expliqué le magistrat.

Le conducteur du véhicule et les occupants d'un second à proximité sont alors interpellés, ainsi qu'un quatrième individu dans l'enceinte du port.

Une figure locale du syndicalisme

Ces quatre suspects placés alors en garde à vue sont âgés respectivement de 26, 31, 35 et 56 ans. Trois sont nés en Guyane, le dernier est de nationalité haïtienne. L'un d'entre eux, Claude Domput, 56 ans, est une figure locale du syndicalisme sur le port.

« Je lui ai conseillé de garder le silence en garde à vue », a indiqué son avocat Me Jérôme Gay, selon qui « le profil » de son client « est en contradiction » avec une telle affaire.

« Cette organisation criminelle [présumée] avait mis en place une filière de transport de cocaïne entre le Suriname et l'Europe, en transitant par les infrastructures portuaires de Guyane », a encore expliqué Renaud Gaudeul.

Loin d'être une première en Guyane

Les suspects s'apprêtaient à intégrer la drogue à des containers transportant légalement de la marchandise, a-t-il ajouté, précisant que ce n'était pas la première opération de ce genre en Guyane.

En août 2019, un caisson de 8 kilos de poudre blanche avait été découvert lors d'une manœuvre au port spatial de Pariacabo à Kourou. Le stratagème consistait à fixer les caissons par aimantation à la coque des navires transportant les éléments d'Ariane, Soyouz et Vega, peu avant leur retour vers l'Europe.

Le trafic de cocaïne entre la Guyane et Paris représente entre 15 et 20 % des entrées sur le territoire hexagonal, selon un rapport parlementaire remis mi-septembre par Antoine Karam, sénateur LREM de la Guyane.