Reims : un footballeur pro condamné à une peine de prison pour violences

Antoine Conte, joueur du Stade de Reims entre 2013 et 2017 et aujourd’hui au Beitar Jérusalem, a reconnu avoir frappé en 2018, à coups de batte de base-ball, un lycéen âgé alors de 19 ans.

 Antoine Conte sous le maillot du Stade de Reims (à gauche, le 11 mars 2016, lors d’un match de Ligue 1 contre Monaco.
Antoine Conte sous le maillot du Stade de Reims (à gauche, le 11 mars 2016, lors d’un match de Ligue 1 contre Monaco. AFP/Valéry Hache

Le tribunal de Reims (Marne) a condamné mardi un ancien joueur du Stade de Reims à trois ans d'emprisonnement dont deux avec sursis pour des violences, commises en décembre 2016, sur un adolescent qui avait été témoin d'une querelle entre lui et sa compagne. Le Parquet avait requis trois ans d'emprisonnement dont un avec sursis. La défense a indiqué qu'elle ferait appel.

Antoine Conte, 22 ans au moment des faits, joueur du Stade de Reims entre 2013 et 2017, et aujourd'hui titulaire au Beitar Jérusalem (Israël), a reconnu avoir porté deux coups violents de batte de base-ball sur la hanche et le crâne de Liam Jean, un lycéen âgé de 19 ans à l'époque des faits.

Avec trois amis, Liam Jean s'était approché du jardin du footballeur parce qu'ils « avaient entendu des cris de détresse et des appels au secours d'une femme ». « Il était nécessaire d'intervenir » a dit à la barre Liam Jean.

Des séquelles irréversibles

Après avoir insulté les quatre jeunes gens et leur avoir hurlé de partir, Antoine Conte était retourné à son domicile pour en ressortir armé d'une batte et frapper violemment le lycéen à deux reprises. « J'ai dû arrêter une carrière de musicien », a expliqué la victime aux juges rémois, soulignant qu'Antoine Conte poursuivait, lui, sa carrière de footballeur professionnel.

L'agression a laissé au jeune homme de nombreuses séquelles : perte de la dextérité de la main gauche et d'une partie de l'audition de l'oreille droite, migraines, crise de fatigue, stress, incapacité à se concentrer… « 23 % de déficit permanent », a rappelé Me Pauline Manesse pour la partie civile, « des blessures d'une gravité absolue ». L'avocate a déploré avoir « assez peu entendu de regrets » de la part du prévenu, présent au procès.

« Antoine Conte regrette ces faits mais il n'avait pas réalisé la gravité de son acte et de ses conséquences », a plaidé pour sa défense Me David Missistrano. Il a contesté la description d'un déferlement de violence évoqué par le procureur Pédro Teixeira, qui a mis en cause « une violence inqualifiable, odieuse et cruelle ».

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« Il n'a porté que deux coups. Nous ne sommes pas dans le passage à tabac », a relevé l'avocat. « Avec la peine d'emprisonnement requise par le procureur, on lui nie sa vie », a-t-il ajouté, demandant « une peine compatible avec la vie que mène aujourd'hui Antoine Conte sereinement ».