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Procès Amandine Estrabaud : la mère de l’accusé sur le gril

Au premier jour du procès aux assises de Guerric Jehanno, le meurtrier présumé d’Amandine Estrabaud disparue en 2013 à Roquecourbe (Tarn), la mère de l’accusé a été questionnée sur ses déclarations contradictoires.

 Les avocats de Guerric Jehanno, Marie-Helene Pibouleau et Simon Cohen, ce jeudi, à la cour d’assises d’Albi.
Les avocats de Guerric Jehanno, Marie-Helene Pibouleau et Simon Cohen, ce jeudi, à la cour d’assises d’Albi. AFP/GEORGES GOBET

« Je suis innocent, non coupable », a assuré Guerric Jehanno, ce jeudi matin devant la cour d'assises d'Albi (Tarn) qui le juge pour la disparition, le viol et le meurtre d' Amandine Estrabaud. Cheveux bruns, chemise bleue, l'accusé aujourd'hui âgé de 32 ans est resté impassible pour cette première journée d'audience, comme étranger aux débats.

Les experts psychiatres ont éclairé les jurés sur la personnalité de cet homme vivant lui aussi à Roquecourbe, le village de la victime. L'ancien maçon, au tempérament introverti, a traversé des drames, le décès de son père dans un incendie à 11 ans puis la mort de son frère dans un accident de la route deux ans plus tard.

Il dit « ne pas être un assassin »

Seule l'audition de sa mère, mise devant ses contradictions par le président de la cour d'assises, semble susciter l'attention de l'accusé. Pendant une heure et demie, Irma Vottero, 74 ans, cheveux gris coupés court et portant un élégant chemisier blanc et bleu, est mise sur le gril : pourquoi est-elle allée, un an après la disparition d'Amandine, signaler le comportement bizarre de son fils Guerric, qui lui assurait notamment « ne pas être un assassin » ? Elle nie les premières déclarations spontanées qu'elle a tenues aux gendarmes en mai 2014. Le président s'énerve : « Les gendarmes ne s'intéressaient pas à votre fils avant votre appel à la gendarmerie, le dossier sur lui commence avec vous. »

« Pourquoi votre fils dit-il qu'il n'est pas un assassin ? » lui demande le président. « Parce qu'il jouait trop aux jeux vidéos, cela n'avait rien à voir avec l'affaire d'Amandine. Mon fils avait des problèmes, il était en dépression après avoir perdu son travail et sa copine. Il disait plein de choses bizarres sans raison », martèle la mère de Guerric.

Elle ne craque pas

Sous le feu des questions des avocats et des parties civiles, la Irma Vottero est mal à l'aise, se tait quelquefois, mais ne craque pas. Pour Me Simon Cohen, le conseil de Guerric Jehanno qui ne croit pas à l'enlèvement d'Amandine mais plaide pour un départ volontaire de la jeune femme, « on interroge cette femme sur rien ».

Après la présentation de la personnalité de la victime par une enquêtrice de personnalité, le président interpelle l'accusé, qui semble encore une fois absent. Face à une photo d'Amandine projetée dans la cour d'assises, il lui demande pourquoi il ne la regarde pas et ce que cela suscite en lui. « Cela me rappelle sa disparition, souffle Guerric Jehanno. Sinon rien, je n'ai pas d'autre sentiment. »