Prisons : le Parlement valide la nomination de Dominique Simonnot

La journaliste du Canard enchaîné avait été choisie par Emmanuel Macron pour devenir Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté.

 Le contrôleur général des prisons veille à défendre les droits fondamentaux des détenus. (Illustration.)
Le contrôleur général des prisons veille à défendre les droits fondamentaux des détenus. (Illustration.) LP/Jean Nicholas Guillo

Feu vert pour Dominique Simonnot. Le Parlement a validé ce mardi soir, par une courte majorité, la nomination de la journaliste du Canard enchaîné au poste de Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté. Sur 43 votants, 40 députés et sénateurs se sont exprimés, 22 pour sa nomination et 18 contre, précise une source parlementaire.

Devant les sénateurs, la journaliste s'est dite « surprise » par sa nomination et a promis de « remplir cette lourde tâche avec le plus d'honnêteté, d'impartialité et d'acharnement ». Dénonçant les « conditions souvent indignes » en milieu carcéral, elle a notamment annoncé son intention de continuer à développer « toutes les alternatives possibles » à l'emprisonnement comme le bracelet électronique.

«La surpopulation n'a jamais cessé »

« Dans les maisons d'arrêt, la surpopulation n'a jamais cessé malgré la décélération, dans certains lieux on a encore jusqu'à 190 % » de taux d'occupation, a-t-elle ajouté.

Auditionnée plus tôt dans l'après-midi par les parlementaires, Dominique Simonnot, proposée à ce poste le 5 octobre par Emmanuel Macron, a expliqué qu'elle n'avait « pas l'intention de diriger une institution qui servirait d'alibi ». « C'est un énorme problème » que les recommandations du contrôleur général ne soient pas contraignantes, a estimé avant le vote la chroniqueuse judiciaire.

« Je ferai tout ce que je peux pour que ces recommandations soient appliquées avec la plus grande fermeté. Je ne me priverai pas d'alerter la presse et de venir vous voir pour vous demander de l'aide, après tout le législateur est aussi là pour arranger les choses, moi je ne demande qu'à travailler avec les institutions », a-t-elle assuré aux sénateurs qui l'interrogeaient.

Ex-éducatrice dans l'administration pénitentiaire

Le poste était vacant depuis le départ à la mi-juillet d'Adeline Hazan, qui a occupé pendant six ans la direction de cette autorité administrative indépendante. Le contrôleur général des prisons (CGLPL) veille à défendre les droits fondamentaux dans les prisons, hôpitaux psychiatriques, centres de rétention administrative, centres éducatifs fermés et locaux de garde à vue. Il peut notamment être saisi par des détenus ou leurs proches.

Dominique Simonnot est âgée de 68 ans. Elle a été journaliste au quotidien Libération avant de rejoindre l'hebdomadaire satirique en 2006 où elle publie chaque semaine une chronique judiciaire intitulée « Coups de barre », en suivant en particulier les audiences de comparution immédiate. Elle a publié plusieurs livres sur la justice.

Avant de devenir journaliste, elle avait travaillé au sein de l'administration pénitentiaire comme éducatrice.