Port du voile : une élève mise en examen pour avoir insulté une prof à Toulouse

L’enseignante avait déposé plainte auprès de la gendarmerie, contre son élève âgée de 16 ans.

 Dès le lundi 12 octobre, « le proviseur a engagé une procédure de sanction à l’égard de trois élèves de l’établissement », a indiqué le rectorat.
Dès le lundi 12 octobre, « le proviseur a engagé une procédure de sanction à l’égard de trois élèves de l’établissement », a indiqué le rectorat.  LE PARISIEN/OLIVIER ARANDEL

La scène s'est déroulée à l'issue d'un cours, le vendredi 9 octobre, dans un lycée de Muret, au sud de Toulouse (Haute-Garonne). Une enseignante dispense un cours d'éducation civique à des élèves de terminale de CAP, lors duquel elle évoque le port du voile. Ce cours portait sur les « droits et obligations des citoyens parmi lesquels il y a la laïcité. Et le sujet du port du voile dans l'espace public a été abordé », selon le rectorat.

Le débat a déplu à plusieurs élèves de l'établissement, dont certains n'étaient même pas dans sa classe. Une lycéenne âgée de 16 ans se serait même mise à insulter l'enseignante après ce cours. Elle a été mise en examen ce mercredi à Toulouse, alors que, selon La Dépêche du Midi, six autres mineurs ont été placés en garde à vue.

L'adolescente est poursuivie pour « outrage à personne chargée d'une mission de service public dans un établissement scolaire » et fait l'objet d'une « mesure de liberté surveillée préjudicielle », a précisé le parquet de Toulouse. C'est bien le sujet du port du voile qui aurait déclenché sa réaction

Trois élèves sanctionnés

« Il y a eu un débat pendant le cours à ce sujet. Jusque-là, rien d'anormal, avec un débat qui s'engage dans la classe et un professeur qui explique, a précisé le rectorat. Mais c'est à l'interclasse que l'incident a lieu avec cette insulte de la part de l'élève, au sujet du voile ».

Auprès de La Dépêche, une source proche du dossier précise que l'enseignante « a évoqué le principe de laïcité et la limitation du port du voile dans l'espace public ». « La polémique n'est pas partie de là, mais lorsqu'elle a indiqué que l'on avait plus de droits en France qu'en Arabie saoudite, poursuit cette source. Deux élèves ont contesté cela et ont assuré que la charia c'était mieux que la loi française… »

Le débat aurait débordé du cours et c'est lors de la pause qui a suivi qu'au moins trois élèves qui n'assistaient pas au cours se sont rapprochés de l'enseignante. Le quotidien toulousain rapporte que l'adolescente mise en examen se serait énervée et aurait insulté la professeure. Deux jeunes élèves du lycée auraient eu aussi été assez vindicatifs à l'égard de l'enseignante.

Une plainte auprès de la gendarmerie

Dès le lundi 12 octobre, « le proviseur a engagé une procédure de sanction à l'égard de trois élèves de l'établissement. L'enseignante a pour sa part fait cours toute la semaine mais a été « suivie de près par le proviseur et le rectorat », selon ce dernier. Elle avait déposé plainte auprès de la gendarmerie.

Cette affaire intervient après que Samuel Paty, enseignant d'histoire-géographie de 47 ans, a été décapité vendredi après-midi, près de son collège du Bois-d'Aulne, à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) après avoir montré à ses élèves de 4e des caricatures de Mahomet lors de cours sur la liberté d'expression dispensés les 5 et 6 octobre.

Réfugié d'origine russe tchétchène, l'assaillant de 18 ans, Abdoullakh Anzorov, a été abattu par la police peu après les faits. Selon La Dépêche, les investigations se seraient même accélérées après le drame de Conflans.