Corruption et trafic de stupéfiants : huit ans de prison pour un policier de la BAC, cinq autre fonctionnaires condamnés

Le principal prévenu, chef informel d’une équipe de la BAC, a été condamné à huit ans de prison et a vu sa peine assortie d’une interdiction définitive d’exercer.

Un policier de la brigade anti-criminalité (BAC) du XVIIIe arrondissement de Paris a été condamné lundi à huit ans d'emprisonnement pour corruption et trafic de stupéfiants.
Un policier de la brigade anti-criminalité (BAC) du XVIIIe arrondissement de Paris a été condamné lundi à huit ans d'emprisonnement pour corruption et trafic de stupéfiants. JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN

Un policier de la brigade anticriminalité (BAC) du XVIIIe arrondissement de Paris a été condamné lundi à huit ans d’emprisonnement pour corruption et trafic de stupéfiants notamment, et cinq de ses collègues se sont vu infliger des peines allant du sursis à un an ferme.

Le principal prévenu, Karim M. surnommé « Bylka » (kabyle en verlan), a été reconnu coupable des sept infractions qui lui étaient reprochées et a vu sa peine assortie d’une interdiction définitive d’exercer. « Vous avez trompé l’autorité judiciaire et trahi la confiance de l’institution policière (avec) ces agissements de délinquant chevronné », a déclaré lors du prononcé du jugement la présidente du tribunal.

Chef informel d’une équipe de la BAC, le brigadier de 47 ans était notamment poursuivi pour avoir fait souscrire une « assurance » à des dealers du quartier populaire de la Goutte d’Or, accordant sa protection à certains en les laissant travailler, moyennant contrepartie.

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Il a « mis à la disposition de délinquants ses prérogatives de police judiciaire » dans « l’intérêt de ces délinquants et de [lui]-même », a estimé le tribunal, qui l’a aussi condamné pour avoir piégé un suspect lors d’une interpellation fabriquée, moyennant 80 000 euros.

Lors du procès début février, où il a comparu détenu aux côtés de cinq membres de son groupe et de deux informateurs officieux, il a contesté toute corruption, invoquant des méthodes policières visant à obtenir des informations, dont sa hiérarchie avait connaissance.

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« Il est bien évident que nous allons interjeter appel », a réagi son avocat Patrick Maisonneuve, dénonçant un « jugement qui repose sur des affirmations » sans « démonstration ». Aaron B., 39 ans, considéré comme l’adjoint de Karim M., a été condamné à quatre ans de prison dont deux avec sursis pour faux et vol par personne dépositaire de l’autorité publique avec, là aussi, une interdiction définitive d’exercer. Son avocat a précisé son intention de faire appel.

Une violente interpellation en 2019

À l’encontre des quatre autres fonctionnaires, le tribunal a prononcé des peines allant de 12 mois avec sursis à deux ans dont un an ferme avec interdiction définitive d’exercer.

Âgés de 29 à 33 ans, ils ont été condamnés pour une interpellation d’avril 2019, certains pour avoir frappé un suspect dans la voiture de la BAC, d’autres pour avoir « habillé » la procédure en faisant croire que l’homme avait du crack et un couteau sur lui - en réalité confisqués à un autre la veille.

Les deux derniers prévenus, des indics de « Bylka », ont été condamnés à 5 ans de prison ainsi que 30 000 euros d’amende, et à un an de prison. Le premier, 57 ans, a été reconnu coupable de corruption active et trafic de stupéfiants, le deuxième, 53 ans, de cette seconde infraction seulement.