Nice : ce que l’on sait de l’attaque au couteau survenue ce jeudi

L’attaque est survenue à l’intérieur de la basilique Notre-Dame de Nice. Emmanuel Macron doit se rendre sur place en fin de matinée.

 Les forces de l’ordre, et les pompiers près de la basilique à Nice, où est survenue une attaque au couteau.
Les forces de l’ordre, et les pompiers près de la basilique à Nice, où est survenue une attaque au couteau.  REUTERS/Eric Gaillard

Un homme a attaqué au couteau plusieurs personnes ce jeudi matin au sein de la basilique Notre-Dame de Nice (Alpes-Maritimes). Trois personnes sont décédées au cours de cette attaque, dont au moins une égorgée. Le parquet antiterroriste a été saisi et Emmanuel Macron a dénoncé une « attaque terroriste islamiste ».

Les faits

Ce jeudi vers 9 heures, un homme est entré dans la basilique Notre-Dame de Nice où se trouvaient quelques fidèles, ainsi que le gardien. Il a tué deux personnes à l'arme blanche, un homme, le gardien, et une femme septuagénaire, dans l'église, située en plein centre de cette ville de la Côte d'Azur. Une trentenaire, grièvement blessée, a réussi à fuir vers un bar, mais est également décédée. L'assaillant a été neutralisé par la police municipale, et blessé par balles avant d'être emmené à l'hôpital.

Il n'y avait pas de messe en cours au moment de l'attaque, selon nos informations. En milieu de matinée, le RAID, la Brigade de Recherche et d'intervention (BRI) ainsi qu'une équipe déminage procédaient à une levée de doute au sein de la basilique en raison de la présence « d'objets douteux ». Le quartier a lui été totalement évacué et bouclé.

Le suspect

L'homme indique avoir agi seul et revendique les faits. Selon Christian Estrosi, « l'auteur des actes n'a cessé de répéter en boucle devant nous Allah Akhbar alors qu'il était médicalisé ». Le parquet antiterroriste a été saisi et a ouvert une enquête pour « assassinat et tentative d'assassinat ».

Selon nos informations, l'assaillant, Brahim A., avait sur lui des papiers de la Croix rouge italienne. Il serait né en Tunisie le 29 mars 1999 et il serait en situation irrégulière après être rentré en Europe via l'Italie.

Il serait arrivé par Lampedusa fin septembre, où il avait été mis en quarantaine par les autorités italiennes avant d'être visé par une obligation de quitter le territoire italien et laissé libre, indique une source proche du dossier. Selon le Corriere della Serra, l'homme se trouvait le 9 octobre à Bari, dans les Pouilles, où il a été photographié par la police dans le cadre de procédures d'identification.

Les victimes

Peu d'informations ont filtré pour l'heure sur l'identité des victimes. Selon le maire de la ville, le sacristain de l'église, Vincent L., salarié laïque de la paroisse, figure parmi les personnes tuées. La femme tuée dans l'église était une septuagénaire, venue prier. La troisième victime, était elle trentenaire.

Les réactions

La première réaction a été évidemment politique : après une minute de silence à l'Assemblée nationale, le Premier ministre Jean Castex, qui devait présenter le plan de reconfinement, a quitté l'hémicycle pour se rendre directement à la cellule de crise. ». Emmanuel Macron est ce jeudi après-midi sur place avec Gérald Darmanin, et le ministre de la Justice, Eric Dupont-Moretti. Sur le plan sécuritaire, le gouvernement a fait passer le plan Vigipirate en état d'urgence attentat.

De nombreuses personnalités politiques ont pris la parole pour dénoncer cet attentat, ainsi que des responsables religieux. « Ma prière pour les victimes et leurs proches. Dimanche, pour la Toussaint, nous entendrons le Seigneur : Heureux les artisans de paix, ils seront appelés fils de Dieu. Heureux si l'on vous persécute à cause de moi. Car votre récompense sera grande dans les cieux », a réagi le président de la Conférence des évêques de France, Mgr de Moulins-Beaufort.

« Je ne peux que condamner avec force la lâcheté de ce geste contre des personnes innocentes », a déclaré dans un communiqué Abdallah Zekri, délégué général du Conseil français du culte musulman (CFCM), après cette attaque qui survient moins de deux semaines après la décapitation d'un enseignant, Samuel Paty, à Conflans-Sainte-Honorine, dans les Yvelines.