Migrants : Frontex mise en cause pour des refoulements en mer

Les journalistes du Spiegel ont documenté six cas survenus depuis avril en mer Egée dans lesquels des équipes de Frontex ont assisté sans réagir à des refoulements vers la Turquie de bateaux de réfugiés se trouvant dans les eaux grecques, une pratique illégale.

 Un navire grec de Frontex mis en cause pour avoir refoulé des migrants.
Un navire grec de Frontex mis en cause pour avoir refoulé des migrants. Gardes-côtes Turcs

Cela fait mauvais genre. Frontex, l'agence européenne de surveillance des frontières, est impliquée dans plusieurs incidents de refoulement en mer de bateaux de demandeurs d'asile traversant la mer Egée entre la Turquie et la Grèce, affirme une enquête de plusieurs médias, dont le magazine allemand Spiegel.

Les investigations menées « montrent pour la première fois que les responsables de Frontex sont conscients des pratiques illégales des gardes-frontières grecs - et sont en partie impliqués dans les refoulements eux-mêmes », écrit le Spiegel dans un article disponible en ligne samedi.

Les journalistes assurent avoir documenté six cas survenus depuis avril en mer Egée dans lesquels des équipes de Frontex ont au minimum assisté sans réagir à des refoulements vers la Turquie de bateaux de réfugiés se trouvant dans les eaux grecques, une pratique illégale. Dans un cas, en juin, une vidéo montre un navire grec du système Frontex bloquant un bateau de réfugiés, puis, dans une autre scène enregistrée, passant devant le bateau de réfugiés à grande vitesse avant de quitter les lieux.

Outre le Spiegel, les recherches ont été menées par un magazine de la chaîne allemande ARD, le collectif de journalistes « Lighthouse Reports », la plateforme d'investigations « Bellingcat »et la chaîne de télévision japonaise « TV Asahi ». Les auteurs expliquent avoir comparé des « dizaines » de vidéos, images satellite, récits de témoins oculaires, dont des réfugiés et des employés de Frontex.

Frontex évoque une enquête interne

L'agence européenne de surveillance des frontières a engagé plus de 600 agents en Grèce, une des portes d'entrée de l'UE, ainsi que des bateaux, des drones et des avions, selon l'article. Frontex n'a pas commenté les cas précis soulevés par la recherche, indique le Spiegel, mais a déclaré que ses agents étaient liés par un code de conduite en matière de droits de l'homme et respectaient l'interdiction des refoulements.

Sans mentionner l'article, Frontex a indiqué vendredi soir sur son compte Twitter avoir été « en contact avec les autorités grecques à propos d'incidents en mer ces derniers mois » et qu'Athènes avait ouvert une « enquête interne ». Frontex agit « dans le respect des droits fondamentaux et de la loi internationale », souligne l'agence sur Twitter.

Le gouvernement conservateur grec a toujours rejeté les allégations de refoulements illégaux à ses frontières dont font régulièrement état plusieurs ONG.