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Meurtre de Victorine : à Villefontaine, entre le choc et le soulagement

Comme une sorte de point final, l’arrestation d’un suspect et ses aveux semblent avoir soulagé la ville, meurtrie par la disparition de la jeune fille de 18 ans.

 Après plusieurs semaines d’investigations, la ville de Villefontaine,  là où habite le suspect, a accueilli l’arrestation avec soulagement.
Après plusieurs semaines d’investigations, la ville de Villefontaine, là où habite le suspect, a accueilli l’arrestation avec soulagement. AFP/Antoine Merlet

Après l'inquiétude de la disparition de Victorine, la stupeur lors de la découverte du corps et une forme de soulagement lors des aveux du suspect, la vie a repris son cours dans le quartier des Fougères, sur les hauteurs de Villefontaine (Isère). Sur la place des Fayards, où vivait Ludovic Bertin, l'homme qui a reconnu les faits, des journalistes traînent leurs caméras au milieu des quelques habitants qui bravent froid et pluie pour aller au travail ou récupérer les enfants à l'école.

Même les riverains qui tenaient les murs encore mercredi soir ont quitté les lieux. Seul un panneau municipal qui relaie en lettres lumineuses un appel à témoins pour des informations sur l'affaire et les coordonnées d'une cellule psychologique rappelle l'horreur qui a frappé le quartier vallonné ces dernières semaines.

Devant la boulangerie, un ancien collègue nous raconte avoir « fumé une cigarette avec Ludovic samedi dernier ». Selon lui, le père de famille de 25 ans « n'était pas dans son assiette, avait moins d'assurance que d'habitude ». « Il m'a dit : J'espère qu'ils vont le retrouver. Mais il esquivait un peu le sujet », relate l'ex-collègue.

Le suspect était connu du quartier

Quelques encablures en aval, près du centre commercial qui fait office de centre-ville de Villefontaine, les cafés continuent d'être servis sur la terrasse du PMU et les kebabs continuent d'être apportés sur les tables des snacks. Tous les habitués des établissements disent connaître Ludovic Bertin mais de loin et pas plus que pour un « bonjour-au revoir » lorsque l'homme promenait son chien.

A Bonnefamille, à une poignée de kilomètres des Fougères, la famille de Ludovic Bertin se protège de la presse derrière les murs d'une maison de campagne iséroise. Tout juste a-t-on aperçu un proche du jeune homme, masque et casquette sur la tête, s'approcher du portail sur lequel est apposé un autocollant « Jesus is the anchor », pour mettre un terme aux sollicitations.

Même isolement du côté de la famille de Victorine Dartois ce jeudi soir quelques minutes après la conférence de presse du procureur de République qui a révélé que la jeune femme avait été étranglée. Sylvie Dartois, les yeux rougis derrière ses lunettes, entrouvre sa porte et lâche doucement : « Je regarde la suite, merci ». Avant de refermer.