Meurtre de Véronique Duchesne : un appel à témoins pour percer l’énigme de la plage

Les proches de l’agente commerciale tuée en 2010 à Saint-Quay-Portrieux (Côtes-d’Armor) espèrent encore découvrir la vérité et lancent un appel à témoins. Un dossier à retrouver jeudi soir dans l’émission «Non élucidé» sur RMC Story, en partenariat avec le Parisien-Aujourd’hui-en-France.

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 «Vous vous souvenez du meurtre de Véronique Duchesne ?» : Patricia et Brigitte, ses sœurs, distribuent des appels à témoins à Saint-Quay-Portrieux.
«Vous vous souvenez du meurtre de Véronique Duchesne ?» : Patricia et Brigitte, ses sœurs, distribuent des appels à témoins à Saint-Quay-Portrieux. LP/Solenne Durox

« J'ai comme une boule au ventre ». Pour Patricia Duchesne, se replonger dans toute cette histoire est loin d'être évident, mais pourtant nécessaire. Depuis lundi 8 février, aidée de son frère Olivier et de sa sœur Brigitte, la quinquagénaire fait patiemment le tour de tous les commerçants des environs de Saint-Quay-Portrieux (Côtes-d'Armor) avec, dans son sac, des dizaines d'appels à témoins qu'elle a pris soin de plastifier. Leur but : en mettre dans tous les lieux fréquentés. « Je ne sais pas si vous vous souvenez du meurtre de Véronique Duchesne? Elle avait été assassinée à Saint-Quay il y a dix ans. C'est notre sœur », expliquent à tour de rôle Patricia et Brigitte chez la buraliste, le pharmacien et le boulanger.

Ici, ce nom et le drame qui y est associé ne laissent personne indifférent, même si le temps qui passe dilue peu à peu les souvenirs. Ceux-là même que la famille aimerait raviver à l'occasion de la diffusion, ce jeudi 11 février, de l'émission « Non élucidé » sur RMC Story, en partenariat avec Le Parisien - Aujourd'hui en France, consacrée au meurtre de Véronique Duchesne. Un détail, aussi minime soit-il, peut encore faire la différence. « J'y croirais encore moi aussi à leur place. Il faut découvrir qui est l'assassin pour réussir à faire son deuil », remarque Marie-Jo Le Neindre, buraliste à Etables-sur-Mer, la commune voisine de Saint-Quay-Portrieux.

Un châle souillé de sang sur l'île de la Comtesse

L'histoire est de celles qu'on lit dans les romans d'Agatha Christie. Disparue le 6 octobre 2010, Véronique Duchesne, 47 ans, est retrouvée morte trois jours plus tard. Après avoir acheté des cigarettes, elle a été vue une dernière fois par un témoin marchant à marée basse en direction de l'île de la Comtesse. Son mari avait signalé sa disparition le lendemain.

Dans les rochers de l'île, des habitants avaient découvert le châle de Véronique souillé de traces de sang. Son sac à main avait, lui, été récupéré par un père et son fils à la pointe de Minard, à 15 kilomètres de là. Il contenait des anxiolytiques.

C'est à cet endroit que sera aussi retrouvé son corps un peu plus tard, flottant sur le ventre. Les gendarmes concluent alors à une mort suspecte. Véronique a le visage tuméfié et des ecchymoses sur le corps. Elle ne présente pas les symptômes d'une noyade. Pas d'eau dans ses poumons. Elle a été étranglée.

Un mari un temps soupçonné

Rapidement, son mari est soupçonné et placé en garde à vue en 2011 pendant quelques heures, puis remis en liberté. Sa personnalité intrigue tout comme la situation financière du couple. Leur entreprise était en grande difficulté. En s'intéressant à l'agenda de l'époux, les enquêteurs trouvent des incohérences.

Pourquoi a-t-il attendu aussi longtemps avant de signaler la disparition ? Il affirme que Véronique se serait levée tard, alors même que des témoins l'ont aperçue à 8h30 du matin. Thierry M. explique qu'il serait resté chez lui puis aurait fait des courses. Il y a un trou dans son emploi du temps et son téléphone a déclenché le relais de la plage où a disparu Véronique.

Convoqué quelques mois plus tard par la juge d'instruction afin d'être mis en examen pour meurtre, l'homme sera finalement entendu comme témoin assisté. Les gendarmes sont dès lors obligés de trouver de nouveaux éléments.

«Compliqué de vivre avec cette énigme»

Le temps passe, le dossier piétine et neuf ans plus tard, l'une des filles de Véronique décide de frapper à la porte d'un nouvel avocat, Me Jean-Guillaume Le Mintier. Ce dernier réussit à convaincre le juge d'instruction d'effectuer des investigations complémentaires. « Pour moi, il ne s'agit pas d'un cold case, on sait qui est l'auteur », affirme l'avocat breton. Patricia et Brigitte se portent à leur tour partie civile, emplies d'un nouvel espoir.

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« Véronique avait un caractère fort, très indépendant et mélancolique. Nos relations étaient compliquées, mais c'était notre sœur et on veut savoir », confient-elles. Toute la famille est aujourd'hui soudée dans cette nouvelle quête.

De son côté, l'époux de Véronique clame toujours son innocence. « Il applaudit des deux mains ce nouvel appel à témoins, car c'est aussi compliqué pour lui de vivre avec cette énigme », fait savoir son avocat, Me Richard Forget, qui pointe du doigt la manière dont s'est déroulée l'enquête. En se focalisant sur son client, les gendarmes auraient écarté d'autres hypothèses, notamment celle de la dernière personne à avoir vu vivante Véronique ce 6 octobre 2010 sur la plage.

« Non élucidé », l'affaire Véronique Duchesne. Diffusion le jeudi 11 février à 21h05 sur RMC Story.