Meurtre de Vanesa Campos au Bois de Boulogne : neuf hommes renvoyés aux assises

Vanesa Campos, une prostituée trans, avait été tuée par balle, en 2018, dans le bois de Boulogne. Les trois principaux suspects seront jugés pour « meurtre en bande organisée ».

Vanesa Campos avait été tuée, en 2018, au bois de Boulogne.
Vanesa Campos avait été tuée, en 2018, au bois de Boulogne. DR

Neuf hommes, dont trois sont accusés du meurtre en 2018 dans le bois de Boulogne de Vanesa Campos, une prostituée trans de 36 ans, sont renvoyés aux assises, a-t-on appris lundi de source judiciaire, confirmant une information du Monde.

Dans la nuit du 16 au 17 août 2018, route du Pré-Catelan, Vanesa Campos était retrouvée agonisante près de son abri de fortune. Quelques minutes avant, la prostituée avait alerté les autres prostituées autour d’elle en hurlant leur cri d’alerte. Celles-ci n’avaient rien pu faire et avaient entendu trois détonations.

Pour ce crime, qui avait mis en lumière les agressions récurrentes des prostituées en bordure de Paris, un juge d’instruction a ordonné que les trois principaux suspects soient jugés pour « meurtre en bande organisée ». Le magistrat n’a pas suivi les réquisitions du parquet qui retenait la préméditation et réclamait un procès pour « assassinats » contre ces trois hommes d’une vingtaine d’années : Mahmoud K., un Égyptien désigné comme l’auteur du tir mortel, ainsi qu’Ali A. et Karim I., accusés d’avoir porté des coups de couteau et de matraque.

« Une expédition punitive » des Egyptiens

Six autres hommes sont renvoyés pour « association de malfaiteurs en vue de la commission d’un crime ». Un dixième suspect, mineur lors des faits, est renvoyé pour vol devant un tribunal pour enfants, a précisé la source judiciaire. Tous sont issus d’un groupe de jeunes hommes, essentiellement d’origine égyptienne, qui rapinaient depuis de longues semaines les clients des prostituées pendant les passes. Ils entretenaient un climat de « terreur », selon les réquisitions du parquet, qui avait amené les Sud-Américaines à riposter et à engager un homme, « Takaré », pour se protéger.

Le soir du meurtre les Égyptiens avaient organisé « une expédition punitive », selon l’accusation. Armés de bombes lacrymogènes, d’un couteau, de tasers, voire de branches arrachées aux arbres. Ils détenaient aussi un revolver subtilisé une semaine plus tôt dans la voiture d’un policier alors qu’il se trouvait avec une prostituée.

Le Syndicat du Travail sexuel et l’association de défense des personnes trans Acceptess-T avaient incriminé la loi d’avril 2016 qui pénalise les clients des prostituées, obligeant celles-ci à s’isoler à l’écart de la police et à s’exposer davantage aux agressions. De nombreuses manifestations, en hommage à Vanesa Campos, avaient été organisées à l’époque.