L’inquiétant profil de l’accusé du viol et du meurtre de la jeune Alicia

Ce cuisinier, âgé de 19 ans à l’époque, avait gardé le corps de la victime, 14 ans, dans un coffre de lit dans son appartement près de Toulouse (Haute-Garonne).

 Le 22 avril 2018, une marche blanche avait été organisée en mémoire d’Alicia, 14 ans, violée et tuée à Beauzelle (Haute-Garonne).
Le 22 avril 2018, une marche blanche avait été organisée en mémoire d’Alicia, 14 ans, violée et tuée à Beauzelle (Haute-Garonne). PHOTOPQR/MAXPPP/« La Dépêche du Midi »

Un jeu sexuel qui aurait mal tourné. C'est la ligne de défense d'Alexandre Bresse, 22 ans, jugé depuis ce lundi par la cour d'assises de Haute-Garonne pour le viol et le meurtre d'Alicia Camilleri, 14 ans, le 19 avril 2018 à Beauzelle, une commune de l'agglomération toulousaine. L'accusé, qui avait 19 ans a l'époque des faits, est poursuivi pour viol et homicide volontaire, pour lesquels il encourt la perpétuité. Ce jeune homme, titulaire d'un CAP de cuisinier, est aussi poursuivi pour l'agression sexuelle d'une autre jeune fille en janvier 2018. A l'âge de 15 ans, Alexandre Bresse avait également été condamné pour exhibition et agression sexuelle à Reims (Marne).

Dans le box, le jeune homme aux cheveux châtains courts et aux larges épaules a redit ce lundi matin qu'il n'avait pas l'intention de tuer la jeune fille de 14 ans, qu'il connaissait depuis le début d'après-midi, le jour du drame. Ce soir-là, Alicia, dont les parents sont séparés, a la permission de son père pour sortir avec un ami, Aurélien. Ils se rendent tous les deux chez Alexandre, qui a l'habitude de recevoir des jeunes lors de soirées dans son appartement. Aurélien part finalement à une autre soirée et laisse Alicia seule avec l'accusé.

Vers 22 heures, quand la belle-mère d'Alicia vient la chercher, il ne reste qu'Alexandre dans son logement, qui lui indique que la jeune fille est déjà partie. Ne le croyant pas, sa belle-mère appelle les gendarmes qui montent alors dans l'appartement. C'est dans le coffre du lit, sur lequel est assis le jeune homme, qu'Alexia est retrouvé, inconsciente, un tee-shirt dans la bouche et une cordelette autour du cou. Elle décédera quelques heures plus tard au CHU de Toulouse.

«La relation n'était pas consentie»

L'accusé, qui s'est enfui, est interpellé deux heures après et explique avoir eu une relation consentie avec Alicia, qui lui aurait demandé de lui serrer le cou pour un jeu sexuel. Une défense dont il n'a jamais varié mais à laquelle la famille de la victime n'a jamais cru, réfutant un comportement aguicheur de la jeune fille, comme le laisse entendre l'accusé.

Pour Me Bruno Merle, l'avocat du père d'Alicia, « il a tenu trop longtemps les cervicales pour que cela soit un accident. La relation sexuelle n'était pas consentie et le passé de l'accusé, déjà condamné pour une agression sexuelle, fait qu'il avait déjà ça en tête. Dans l'après-midi, il avait même dit à des amis que pour faire disparaître un corps, il faut le jeter lesté dans la Garonne ou le cacher sous un lit. Il serait peut-être resté un petit délinquant sexuel mais son passage à l'acte est monstrueux. »

Ce lundi face à la cour, les parents d'Alexandre ont décrit leur fils « comme un bon garçon, qui a souffert du divorce, fait trois tentatives de suicide, en particulier au moment du collège où il était harcelé ». « C'est une horreur, un drame qui a brisé deux familles, mais c'est un jeu sexuel qui a dérapé, il n'a pas voulu la tuer, a assuré son père. C'est un accident et il a perdu le contrôle. »

«Une personnalité de sociopathe sexuel»

L'enquêtrice de personnalité a souligné devant la cour les relations sexuelles débridées de l'accusé, fréquentant des boîtes échangistes, mais aussi une agression sexuelle qu'il aurait subie à l'âge de 5 ans de la part d'un cousin. « C'est une personnalité de sociopathe sexuel qui prend du plaisir sans se soucier de celui de l'autre, il y a quelque chose d'impulsif, générant du plaisir immédiat », a-t-elle exposé. Une autre psychologue a pointé la capacité de l'accusé à distordre la réalité des faits.

Ce lundi, la cour a aussi longuement entendu la jeune fille de 18 ans l'accusant de lui avoir mis la main dans la culotte alors qu'ils dormaient à trois dans un lit. Cette amie, qui a porté plainte contre lui après la mort d'Alicia, a maintenu sa version face à un accusé niant être impliqué dans cette affaire, estimant qu'il « n'aurait jamais fait cela à celle qu'il considérait comme sa petite sœur ».

Ce mardi, les jurés vont entendre les experts de personnalité sur le cas d'Alicia et les enquêteurs.