Meurtre dans un centre d’asile à Pau : l’agresseur soudanais mis en examen et écroué

En France depuis 2015, et bénéficiant jusqu’à novembre dernier d’un statut de protection internationale subsidiaire, le réfugié soudanais redoutait d’être renvoyé dans son pays.

L’assaillant présumé est arrivé vers 10h30 vendredi dans le centre, afin de rencontrer le chef du pôle Asile.
L’assaillant présumé est arrivé vers 10h30 vendredi dans le centre, afin de rencontrer le chef du pôle Asile. AFP/GAIZKA IROZ

Un Soudanais de 38 ans, auteur présumé de l’agression mortelle du responsable d’un centre d’asile de Pau (Pyrénées-Atlantique), a été mis en examen dimanche pour assassinat et écroué.

L’individu est poursuivi pour avoir agressé vendredi à coups de couteau le chef de service du Centre d’accueil pour demandeurs d’asile (Cada) Isard-COS de Pau, où il avait été pris en charge il y a quelques années. La victime, un père de famille de 46 ans, travailleur social expérimenté et rompu aux dossiers d’asile, est morte de ses blessures peu après l’agression. Son corps présentait treize plaies.

L’«intention terroriste» écartée

En France depuis 2015, et bénéficiant jusqu’à novembre dernier d’un statut de protection internationale subsidiaire, le Soudanais redoutait d’être renvoyé dans son pays. Il était voué à une expulsion prochaine, en raison de condamnations pour violences qui lui ont valu de la prison entre janvier 2017 et août 2018. Il n’avait pas répondu fin 2020 à deux convocations pour lui signifier la fin de son autorisation de séjour.

Il a expliqué aux enquêteurs qu’il « nourrissait des reproches » à l’égard de la structure d’accueil de Pau, estimant « que sa situation n’a (vait) pas été correctement traitée »

L’agresseur n’était « ni signalé ni fiché dans le cadre de la radicalisation violente, et les éléments recueillis permettent d’écarter toute intention terroriste », avait souligné la procureure.