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Meurtre dans le métro à Lyon : les suspects, sous l’emprise de l’alcool, «ne se souviennent de rien»

Un homme d’une vingtaine d’années a été mortellement poignardé sur un quai dans la nuit de samedi à dimanche. Deux hommes ont été interpellés quelques minutes après en état d’ivresse.

 Un jeune homme a été poignardé mortellement tôt dimanche matin à la station de métro Stade de Gerland à Lyon (Rhône).
Un jeune homme a été poignardé mortellement tôt dimanche matin à la station de métro Stade de Gerland à Lyon (Rhône). PHOTOPQR/LE PROGRES/Maxime Jegat

Le drame s'est déroulé sur le quai de la station de métro Stade de Gerland, à Lyon (Rhône), celle qui desservait l'ancien stade de l'Olympique lyonnais. Vers 0h15, dans la nuit de samedi 19 à dimanche 20 septembre, une bagarre a dégénéré, faisant un mort. A deux contre un, deux hommes armés d'un couteau et de tessons de bouteille s'en sont pris à un jeune homme d'une vingtaine d'années, abandonné dans un bain de sang. Deux témoins du drame ont tenté de le sauver, mais il a succombé à ses blessures. Ce sont eux qui ont donné l'alerte et communiqué aux policiers le signalement des agresseurs.

Quelques minutes plus tard, en surface, la BAC interpellait deux suspects, deux jeunes étrangers, l'un âgé de 30 ans, l'autre d'une vingtaine d'années. « Ils étaient en état d'ébriété et correspondaient en tout point au signalement, précise le parquet de Lyon, qui a ouvert une enquête pour homicide volontaire. L'une de ces deux personnes était porteuse d'un couteau taché de sang. » Un couteau à la lame cassée, dont la partie manquante a été retrouvée dans le corps de la victime.

Incertitude sur l'identité des suspects et de la victime

Pour conduire ses investigations, la sûreté départementale s'appuie essentiellement sur le récit des deux témoins du meurtre ainsi que sur les images de la vidéosurveillance du métro, en cours d'analyse depuis dimanche. Car pour le reste, l'enquête se présente de façon complexe. Impossible pour l'instant de déterminer l'identité, ni même la nationalité des deux interpellés. « Ils n'ont aucun papier, déclinent de multiples identités », résume un enquêteur. Même incertitude autour de la victime. « Il serait âgé d'une vingtaine d'années et de nationalité étrangère », précise de son côté le parquet.

Les enquêteurs de la sûreté départementale tentent également de faire la lumière sur les circonstances du drame. Les jeunes gens étaient-ils liés ? Ou leur rencontre samedi soir à Gerland est-elle le fruit du hasard ? Là encore, c'est le flou. « Ils étaient tellement alcoolisés qu'ils ne se souviennent pas de ce qui s'est passé », confie une source proche de l'enquête.

Le maire doit bientôt rencontrer Gérald Darmanin

Cette agression mortelle fait en tout cas monter d'un cran le débat sur l'insécurité. Pour Etienne Blanc, membre (LR) de l'opposition municipale, « on va encore dire qu'il n'y a pas de problème de sécurité à Lyon, et qu'on ne manque pas d'effectifs de police ». Les élus RN ironisent, eux, sur « le sentiment d'insécurité ». Pendant ce temps, un hashtag LyonCoupeGorge prospère sur les réseaux sociaux, s'en prenant à la fois aux positions du garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti ainsi qu'aux élus écologistes.

Le nouveau maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, régulièrement interpellé sur les questions de sécurité par des associations d'habitants en colère, s'est emparé du dossier. Le week-end précédent, il avait écrit au ministère de l'Intérieur pour l'alerter sur la baisse régulière des effectifs de police nationale depuis 2018 et réclamer l'affectation de 200 nouveaux fonctionnaires de police nationale. Le maire de Lyon doit rencontrer le ministre Gérald Darmanin dans les jours qui viennent.

Les syndicats des Transports en commun lyonnais réclament eux, de façon urgente, des formations à la gestion des conflits et la violence.