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Manifestation pro-Arménie sur l’A7 : «La situation au Haut-Karabakh dicte ce qui se passe ici»

Un blessé a été transporté à l’hôpital de Vienne après que le péage de Vienne-Reventin sur l’A7 a été ce mercredi matin le théâtre d’échauffourées après une manifestation de la communauté arménienne en soutien au Haut-Karabakh.

 Plusieurs dizaines de personnes s’étaient donné rendez-vous vers 7h30 à l’entrée sud de la métropole lyonnaise, brandissant des drapeaux aux couleurs de l’Arménie.
Plusieurs dizaines de personnes s’étaient donné rendez-vous vers 7h30 à l’entrée sud de la métropole lyonnaise, brandissant des drapeaux aux couleurs de l’Arménie. AFP/Boris Horvat

Une bataille rangée entre automobilistes, des échanges de coups de couteau et de coups de marteaux, plusieurs blessés, un péage bloqué pendant deux heures et 8 km de bouchons sur l'autoroute… Le péage de Vienne-Reventin au sud de Lyon sur l'A7 a été ce mercredi matin le théâtre d'échauffourées parties d'une manifestation de la communauté arménienne en soutien au Haut-Karabakh.

Plusieurs dizaines de personnes de cette communauté s'étaient donné rendez-vous vers 7h30 à l'entrée sud de la métropole lyonnaise, brandissant des drapeaux aux couleurs de l'Arménie, des fumigènes et scandant des slogans hostiles à Erdogan, le président turc. C'est alors que la situation a dégénéré en bataille rangée. « Des échauffourées ont éclaté entre les manifestants et des automobilistes occasionnant quatre blessés dont un, blessé par un coup de marteau, transporté à l'hôpital de Vienne » indique la préfecture de l'Isère. Les jours de ce jeune homme blessé ne seraient pas en danger.

«Pas le fait des associations officielles»

Aucune interpellation n'a eu lieu au moment des faits et les autorités ne sont pas en mesure de confirmer la présence de personnes d'origine turque dans la bagarre, comme avancé par les manifestants arméniens. Pour tenter de démêler l'affaire, la Procureure de la République de Vienne, Audrey Quey, a ouvert une enquête confiée à la CRS de l'autoroute, des chefs de « violence en réunion avec arme ». Les investigateurs ont lancé dans la foulée un appel à témoins afin d'identifier les protagonistes de ces violences et de récupérer les vidéos réalisées par de nombreux automobilistes coincés dans les bouchons.

La communauté arménienne de la région se montre, elle, partagée sur cette affaire, regrettant l'organisation de ce genre de manifestations sauvages par l'intermédiaire des réseaux sociaux, qui, guettés par la communauté turque, entraîne des ripostes violentes. Mais elle dit aussi en comprendre le processus.

« Ces manifestations de soutien au Haut-Karabakh ne sont pas le fait des associations officielles » note Jeanine Paloulian, co-présidente du CCAF (Conseil de coordination des organisations arméniennes de France). « Si elles sont dans l'illégalité, nous le regrettons, il faut respecter la loi et les procédures, poursuit-elle, mais en même temps, nous comprenons l'exaspération de ces jeunes qui suivent en direct ce qui se passe en Arménie, ils ne font qu'exprimer leur souffrance. La situation actuelle là-bas dicte ce qui se passe ici ». Les associations officielles redoutent en tout cas la multiplication, sur le territoire français, de ce genre de manifestations sauvages et incontrôlables, organisées par de jeunes arméniens pour alerter l'option publique sur la situation du Haut-Karabakh.