Le suspect d’un double meurtre interpellé après quatre ans de cavale

Un homme de 37 ans, recherché dans l’enquête sur un règlement de comptes mortel à Grenoble en 2016, a été interpellé mardi dans l’Ain où il vivait caché.

 L’auteur présumé d’une fusillade à Grenoble en 2016 a été interpellé mardi alors qu’il allait faire des courses à Saint-Maurice-de-Beynost (Ain).
L’auteur présumé d’une fusillade à Grenoble en 2016 a été interpellé mardi alors qu’il allait faire des courses à Saint-Maurice-de-Beynost (Ain). LP/Olivier Boitet

Pendant quatre ans, il a vécu caché, se sachant traqué par la police judiciaire de Grenoble (Isère) et visé par un mandat d'arrêt européen. Suspecté d'un double meurtre, cet homme de 37 ans a finalement été interpellé mardi 29 septembre par les policiers de la Brigade nationale de recherche des fugitifs (BNRF) et la Brigade de recherche et d'intervention (BRI) de Lyon. Installé à Saint-Maurice-de-Beynost (Ain), il a été surpris par les policiers alors qu'il allait faire des courses.

Le 25 avril 2016, une retentissante fusillade a lieu dans le centre-ville de Grenoble, alors en proie à une vague de règlements de comptes entre trafiquants. Devant une école, moins d'une heure après la rentrée des élèves, trois hommes stationnés dans une voiture sont pris pour cible par un tireur cagoulé, ganté et armé d'un 9 mm. Deux hommes de 22 et 27 ans sont tués, un troisième est sérieusement blessé aux jambes. Les trois victimes visées par les tirs sont bien connues des services de police pour leur implication dans le trafic de stupéfiants local.

Un fugitif très «au fait des techniques policières»

La piste d'un règlement de comptes entre trafiquants prend vite de l'épaisseur. Et les enquêteurs de la PJ identifient rapidement un suspect. Mais l'homme, considéré comme un caïd de l'agglomération grenobloise, a pris la fuite immédiatement après les faits. Bien connu dans le milieu du banditisme, doté de faux papiers et d'argent liquide en quantité, il perd les policiers lancés sur de fausses pistes.

De gros moyens sont investis par la police judiciaire qui pense localiser le suspect à plusieurs reprises. Des perquisitions sont menées par le Raid, mais à chaque fois, le tireur présumé a pris la fuite. Au printemps 2020, les enquêteurs de la BNRF, spécialisés dans la traque des fugitifs, reprennent le dossier avec les policiers grenoblois. Les proches du suspect sont surveillés, les conversations téléphoniques épiées, les indics consultés. « C'est un homme qui est craint à Grenoble et qui a gardé une grande influence sur la voyoucratie locale, assure un proche du dossier. On lui prête un rôle dans de nombreuses affaires sur l'agglomération et il a encore beaucoup d'amis. Il était donc très dur à remonter, d'autant qu'il est parfaitement au fait des techniques policières et se montrait très prudent. »

Une interpellation sans résistance

Finalement, en fin de semaine dernière, les policiers apprennent de nouveau éléments. Leur homme se cacherait dans la région lyonnaise. Père de famille, il n'aurait d'ailleurs jamais vraiment quitté le secteur. Les policiers de la BRI se placent rapidement en planque dans les environs de Saint-Maurice-de-Beynost et finissent par déterminer l'endroit où il habite.

Mardi matin, le suspect sort de chez lui et est interpellé sans incident et sans avoir eu le temps de résister. Il n'était pas armé au moment de son interpellation. Transféré à Grenoble, il a été mis en examen pour les deux homicides et placé en détention provisoire. Le trentenaire pourrait « même être impliqué dans d'autres dossiers », estime un proche de l'enquête. Durant sa cavale, il avait notamment été condamné dans le cadre d'une affaire d'extorsion de fonds.