L’avocat de Joël Le Scouarnec «n’exclut pas de soulever une nullité de procédure»

Me Thibaut Kurzawa, l’avocat de l’ancien chirurgien mis en examen jeudi pour des faits de viols et d’agressions sexuelles sur 312 victimes, critique les conditions de la garde à vue de son client.

 L’avocat de Joël Le Scouarnec met en cause le procureur de la République de Lorient, Stéphane Kellenberger (photo), à qui il reproche de « diriger une procédure que l’on pourrait qualifier de procédure spectacle ».
L’avocat de Joël Le Scouarnec met en cause le procureur de la République de Lorient, Stéphane Kellenberger (photo), à qui il reproche de « diriger une procédure que l’on pourrait qualifier de procédure spectacle ». AFP/DAMIEN MEYER

L'avocat de Joël Le Scouarnec sort du silence. Au lendemain de la fin de la garde à vue de l'ex-chirurgien et de sa mise en examen pour des faits de viols et d'agressions sexuelles sur 312 victimes entre 1986 et 2014, Me Thibaut Kurzawa a riposté ce vendredi, d'abord par communiqué. « Cette semaine, Monsieur le Procureur de la République de Lorient a fait le choix d'initier et de diriger une procédure que l'on pourrait qualifier de procédure spectacle, privilégiant des intérêts autres que les règles de sécurité, les droits de la défense et certains principes essentiels régissant la procédure pénale. Finalement, en raison de ces difficultés, à l'issue de quelques heures d'audition à peine, mon client s'est moins exprimé que le magistrat chargé de contrôler ladite mesure de garde à vue. »

Dans le détail, Me Kurzawa pointe le fait qu'il aurait lui-même été placé dans l'impossibilité d'assister Joël Le Scouarnec dès les premières heures de sa garde à vue, laquelle aurait officiellement débuté au moment de l'extraction de sa cellule de la maison d'arrêt de Saintes (Charente-Maritime) mardi matin. Le mis en cause a ensuite été transporté dans les locaux d'une brigade de gendarmerie du Morbihan.

LIRE AUSSI > Le parcours criminel de Joël Le Scouarnec dans ses carnets intimes

« Je peux certifier que la sécurité physique de mon client n'a pas été garantie pendant toute la durée de la garde à vue, poursuit Me Kurzawa. De la même manière, l'organisation de la garde à vue était telle que mon client ne pouvait matériellement pas être assisté de son avocat en permanence. Ensuite, nous n'avons pas eu le sentiment que les enquêteurs avaient toute latitude pour entendre M. Le Scouarnec autant qu'ils auraient voulu. Au bout du compte, le procureur de la République de Lorient s'est davantage exprimé au cours de sa conférence de presse que mon client au cours de sa garde à vue. »

Me Kurzawa « n'exclut pas de soulever une nullité de procédure » visant à rendre caduque la mesure de garde à vue. Mais il s'agit seulement d'une possibilité à ce stade. Sur le fond du dossier, le conseil de Joël Le Scouarnec ne dit rien. Il refuse notamment de commenter les mots de Stéphane Kellenberger, procureur de la République de Lorient, qui expliquait jeudi que l'ex-chirurgien n'avait pas nié les faits qui lui sont reprochés.