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Isère : enquête sur la mort de Victorine

Disparue depuis deux jours, la jeune fille de Villefontaine a été retrouvée morte ce lundi dans un cours d’eau. Une enquête pour homicide a été ouverte.

Ce lundi en début de matinée, Sylvie Dartois, la mère de Victorine, lançait un appel poignant à sa fille disparue : « Elle nous manque, elle manque à ses sœurs, à son frère, à tout le monde. Victorine, là où tu es, si tu m'entends, ne t'inquiète pas ma chérie, tout le monde te recherche. Et s'il y a un agresseur, s'il m'entend, qu'il relâche notre fille. Rendez-nous la, c'est tout ce que l'on vous demande. » Sylvie ne savait pas qu'au moment où elle prenait la parole, sa fille était déjà morte.

En milieu de journée, c'est un maître-chien de la gendarmerie, guidé par son animal, qui a fait la macabre découverte, dans une rivière, non loin du lieu de la disparition de Victorine samedi soir, près du stade de la Prairie, à Villefontaine (Isère), 19 000 habitants. « Le chien a marqué au niveau d'une buse, dans un petit ruisseau. Dans ce cours d'eau, on a retrouvé les chaussures et le sac à main de Victorine. Le chien a continué à remonter le ruisseau et plus haut, nous avons trouvé un corps dans un endroit difficile d'accès », a expliqué la procureure de Vienne, Audrey Quey.

Le corps découvert est celui de Victorine. Les gendarmes demandent à ses parents, ses deux sœurs et son frère de se rendre à la gendarmerie. C'est là que la procureure leur annonce la terrible nouvelle. Plus tard, lors d'une conférence de presse, la magistrate précise que le médecin légiste qui s'est rendu sur place n'a pas pu identifier les causes du décès sur le corps immergé. Il faudra donc attendre les résultats de l'autopsie pour en savoir plus. Mais l'aspect criminel de cette affaire ne fait aucun doute.

Sylvie et James Dartois décrivent leur fille Victorine, 18 ans, comme « gentille et joyeuse »./LP/Serge Pueyo
Sylvie et James Dartois décrivent leur fille Victorine, 18 ans, comme « gentille et joyeuse »./LP/Serge Pueyo  

La procureure de Vienne a ouvert une enquête pour « enlèvement, séquestration et homicide volontaire » et a décidé de lancer un appel à témoins. « Toute personne susceptible d'apporter des éléments dans le cadre de cette affaire est invité à appeler le numéro suivant : 0800 200 142. » C'est le pôle criminel du tribunal de Grenoble qui va désormais diriger les investigations menées par la Section de recherche (SR) de la gendarmerie de l'Isère. Patricia, une des tantes de Victorine, a tenu à réagir : « C'est affreux, dramatique. Victorine n'avait que 18 ans. Je ne comprends pas que l'on puisse agir de la sorte. J'espère qu'ils arrêteront celui ou ceux qui ont fait cette atrocité et qui ont brisé toute une famille. Victorine restera à jamais dans notre cœur. »

La jeune fille avait disparu ce samedi soir, peu avant 19 heures L'après-midi, elle s'était rendue au village pour faire des courses. « Elle avait pris un premier bus jusqu'au rond-point situé près du stade. A cet endroit, elle a raté un second bus pour remonter chez elle, dans le quartier des Fougères, sur les hauteurs de Villefontaine. Elle a appelé sa sœur Perrine pour lui dire qu'elle irait avec elle à la foire de Bourgoin-Jallieu, qu'elle remontait à pied, qu'elle en avait à peine pour un quart d'heure. Elle à l'habitude de ce chemin. Mais elle n'est jamais arrivée », raconte Sylvie Dartois.

«Méfiante avec les gens qu'elle ne connaissait pas»

Lorsqu'elle a appelé pour la dernière fois ses proches au téléphone, Victorine leur a dit qu'elle n'avait presque plus de batterie. Son téléphone est ensuite resté silencieux toute la soirée, alors que sa famille, dans l'angoisse, tentait de la joindre. Les importantes recherches menées par les gendarmes, avec l'appui d'un hélicoptère, n'avaient rien donné. Tout comme l'incroyable mobilisation de la population, 350 habitants de Villefontaine ayant participé spontanément ce dimanche aux recherches.

Peu avant de savoir qu'elle ne reverrait jamais sa fille, Sylvie Dartois avait décrit Victorine comme « gentille, joyeuse, agréable, très appréciée par tout le monde et qui n'a jamais eu de soucis avec personne ». Victorine était étudiante dans la région lyonnaise. « Elle n'avait pas de petit copain » précise son père James qui ajoute : « Victorine était timide, réservée, méfiante avec les gens qu'elle ne connaissait pas. Elle ne serait jamais montée en voiture avec n'importe qui. » Très jolie, l'étudiante a-t-elle été abordée par un individu qui lui a fait des avances et qu'elle a tenté de repousser ? Ce sera à l'enquête de le déterminer.

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