Introduction sur le tarmac de Roissy : cinq militants écologistes convoqués au tribunal

Des militants s’étaient introduits samedi sur l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle en marge d’une journée d’action pour la réduction du trafic aérien.

 Les militants ont demandé, samedi, l’abandon du projet d’extension du terminal T4 à l’aéroport de Roissy
Les militants ont demandé, samedi, l’abandon du projet d’extension du terminal T4 à l’aéroport de Roissy DR

Cinq militants écologistes sont convoqués en juin au tribunal de Bobigny pour s'être introduits sur l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle en marge d'une journée d'action pour la réduction du trafic aérien.

Environ 200 militants et activistes ont mené, samedi, une opération de contestation contre le projet du terminal 4 à l'aéroport.

Scindés en plusieurs groupes, une partie d'entre-eux sont parvenus à s'introduire « par effraction » après avoir coupé une clôture sur le tarmac de l'aéroport où sont stationnés les avions au niveau du Terminal 2A.

Les manifestants ont été évacués au bout d'une heure et une quarantaine de personnes placées en garde à vue. Cinq militants ont été renvoyés devant le tribunal correctionnel de Bobigny le 24 juin pour tentative de trouble au fonctionnement des installations aéronautiques et pour deux d'entre eux également pour dégradations, a indiqué ce lundi le parquet.

« Le projet du T4 devra être revu en profondeur »

Les manifestants s'étaient mobilisés pour dénoncer « l'aviation, le transport le plus inégalitaire et le moins nécessaire. Nous demandons une réduction du trafic aérien et une reconversion pour les employés du secteur », selon Marie Cohuet, porte-parole d'Alternatiba, à l'initiative de l'action.

Ils ont également demandé l'abandon de l'extension du terminal T4. « Il paraît déraisonnable d'accroître la zone aéroportuaire et le trafic aérien. L'Etat laisse l'aviation faire tout ce qu'elle a envie de faire », avait fustigé Clémentine Autain, la députée LFI.

Chiffré entre 7 et 9 milliards d'euros, le projet du T4 doit permettre d'atteindre une capacité de 120 millions passagers à l'horizon 2035. Soit une augmentation de 50 % de la capacité actuelle de l'aérogare.

En juillet dernier, le ministre des Transports, Jean-Baptiste Djebbari, a prévenu que « le projet du T4 devra être revu en profondeur », en raison de son impact sur l'environnement.

Présent aussi à la manifestation, Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France, a appelé l'Etat à « entamer une reconversion du secteur. Le transport aérien représente 7 % de l'empreinte carbone en France. On ne peut pas lutter sérieusement contre le dérèglement climatique sans réduire l'usage de l'avion. »